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> >> Commerce international Coopération internationale L'instauration du développement durable apparaît de plus en plus comme un défi urbain, dans un contexte où la croissance économique et démographique se concentre plus que jamais dans les villes. En effet, alors que les citoyens des villes ne représentaient que 30 % de la population mondiale en 1950, cette proportion est passée à 46 % en 2000 et devrait atteindre 60 % en 2030, soit un total de 5 milliards de personnes qui pèseront lourd sur l’avenir de la planète. Or, c’est dans les pays en émergence et en voie de développement que cette croissance est particulièrement marquée dans la mesure où, comme le souligne la Banque mondiale dans un rapport datant de janvier dernier, plus de la moitié de la population pauvre de la planète habitera dans des villes d’ici 2035. C’est là, donc, que la pression est la plus forte et que le défi du développement durable dépasse largement la question des émissions de gaz à effet de serre. Plus que jamais, la cohésion sociale apparaît comme l’une des caractéristiques d’une économie capable de connaître un développement durable et d’envergure. Une dimension sociale, sanitaire et financière Si la pauvreté dans les pays du tiers-monde a longtemps été considérée comme un phénomène avant tout rural et que la majorité des personnes les plus défavorisées de la planète résident toujours dans les campagnes, les organisations d’aide internationale constatent aujourd’hui que le problème est en train de devenir rapidement un enjeu urbain. Les besoins collectifs dans les villes des pays en développement sont en effet énormes : approvisionnement en eau potable, installations sanitaires, gestion des déchets, transport, logement, etc. Mme Kessides souligne qu’il y a également dans ces villes de sérieux problèmes de revenus et de gestion municipale auxquels il faut remédier rapidement. «À la Banque mondiale, nous insistons beaucoup auprès de nos pays clients sur la nécessité d’arrangements financiers plus équitables et de sources de revenus plus stables pour que leurs villes puissent assumer leurs responsabilités. À l’heure actuelle, les villes perçoivent très peu de revenus, il n’existe pas de taxe foncière et les transferts financiers des gouvernements supérieurs sont souvent erratiques et imprévisibles.» Impliquer les gens Ainsi, beaucoup de ces entreprises font le choix de réaliser là-bas des projets à haute intensité de main-d’œuvre dans lesquels le plus grand nombre possible de citoyens locaux seront embauchés. «On voit ça de plus en plus dans les pays en développement, poursuit Mme Morasse. On fournit les tuyaux et ce sont eux qui les installent. C’est ce qui offre le plus de retombées à long terme.» La vice-présidente de Tecsult insiste également sur l’importance d’associer étroitement les citoyens aux projets qui sont réalisés sur place. «L’aspect technique, ce n’est même pas la moitié de la solution, affirme Mme Morasse. Il faut d’abord passer par l’humain. Les gens ont un sentiment d’appartenance à leur collectivité et on ne peut pas imposer une solution technique avec laquelle ils ne seraient pas d’accord. Il faut que les citoyens fassent partie de la solution. Après tout, l’important c’est ce qu’eux retirent des projets et c’est ce que les organisations prêteuses regardent d’abord.» Des occasions d’affaires Il va de soi qu’il y a là beaucoup de pain sur la planche aujourd’hui et dans l’avenir. «Le volume d’infrastructures urbaines dans les pays en développement devra être doublé au cours des 30 prochaines années, signale Mme Kessides. Il y aura une demande massive en matière de gestion des eaux usées, de construction de routes et de gestion des déchets.» L’expertise des villes canadiennes sera aussi requise, souligne la représentante de la Banque mondiale, dans beaucoup de projets de réforme institutionnelle touchant la gouvernance urbaine. À cet égard, dans son étude Relations internationales de la Ville de Montréal, publiée l’automne dernier, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain souligne que «…La Ville de Montréal a finalement réalisé, et réalise encore, des projets de coopération technique qui ont permis de mettre en valeur l’expertise montréalaise en gestion urbaine et d’accompagner des entreprises montréalaises sur ce marché porteur.»1 C’est le cas notamment d’un projet en géomatique réalisé à Beyrouth qui a bénéficié d’un soutien financier de 362 000 $ octroyé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). C’est dire que si les défis du développement urbain durable sont nombreux et complexes, ils se traduiront aussi par des occasions d’affaires considérables pour les entreprises et les institutions d’ici. C’est d’ailleurs dans cet esprit que l’équipe d’experts du World Trade Centre Montréal de la Chambre organise depuis sept ans des missions auprès des banques multilatérales de développement à l’intention des entreprises qui souhaitent profiter des occasions d’affaires. Les prochaines missions du genre auront lieu à Washington auprès de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement : en avril, pour le secteur de la gouvernance et, en juin, pour le secteur de la gestion des ressources naturelles et environnementales. 1 Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Relations internationales de la Ville de Montréal, Étude de positionnement stratégique, Novembre 2004, 79 pages.
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