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> >> Tendances TOHU la Cité des arts du cirqueLa revitalisation d'un quartier par la culture et l'environnement Le début, en juin dernier, des activités de diffusion de la TOHU – la première salle permanente au Canada conçue spécifiquement pour la présentation de spectacles et de numéros de cirque – a marqué l'aboutissement de bien plus qu'un projet culturel. Il s'agit, en fait, d'une entreprise à plusieurs facettes qui a déjà un impact considérable dans le milieu où elle s'est implantée, c'est-à-dire le quartier Saint-Michel. Répondre à une demande croissanteLe projet d'une Cité des arts du cirque est né, bien sûr, dans la foulée du succès international du Cirque du Soleil, dans les années 1990. «Il y avait un engouement certain pour le cirque d'ici, mais la demande dépassait largement l'offre parce qu'il y avait une nette carence au niveau des infrastructures destinées au cirque, rappelle le vice-président exécutif et directeur général de TOHU, M. Charles-Mathieu Brunelle. Il s'agissait donc de créer une dynamique favorable à l'essor du cirque grâce à des infrastructures de qualité.» C'est ainsi que la TOHU, la Cité des arts du cirque – un organisme sans but lucratif – a été créé en 1999. Mais tout, alors, restait à faire : réhabilitation du Complexe environnemental de Saint-Michel, qui fut autrefois le deuxième plus grand site nord-américain d'enfouissement en milieu urbain; aménagement des infrastructures; agrandissement du siège social international du Cirque du Soleil; construction de diverses installations, dont un Centre d'hébergement des artistes et une salle de spectacle circulaire à géométrie variable. En tout, le projet a nécessité des investissements de 73 millions de dollars, financés à la fois par le Gouvernement du Québec, la Ville de Montréal, le Cirque du Soleil et d'autres sources privées. Une mission socialeCe vaste complexe circassien situé au coin des rues Jarry et d'Iberville fournit de l'emploi direct à près de 2 000 personnes et suscite énormément d'activité économique. Il représente donc un pôle de développement extraordinaire pour un secteur de la ville dont la population est reconnue comme ayant le plus faible niveau de revenu parmi les 27 arrondissements de Montréal. À la direction de la TOHU, on insiste pour dire que les gens du quartier doivent être les premiers bénéficiaires de ce nouveau pôle d'activité. «Nous voulons nous assurer que notre communauté d'accueil profite au maximum des retombées de notre présence, affirme M. Brunelle. Par exemple, notre personnel d'accueil vient exclusivement du quartier Saint-Michel.» Il y a aussi, au sein de l'organisme, un engagement très clair en faveur de l'économie sociale. «Tout ce qu'il nous est possible de confier à des entreprises de l'économie sociale, nous le faisons», ajoute le directeur général de TOHU. C'est ainsi que la Cité des arts du cirque a confié à Productions Jeune'est, une organisation sans but lucratif, la formation des techniciens de scène de la TOHU. De la même façon, l'entretien du site de 300 000 pieds carrés est assurée par Coopératout, une autre entreprise de l'économie sociale. La TOHU dit aussi avoir un préjugé favorable envers les jeunes. «Notre approche est fondée sur l'inclusion et la réinsertion sociale, souligne M. Brunelle. Nous travaillons étroitement avec les intervenants sociaux du quartier Saint-Michel afin d'aider les jeunes en difficulté, notamment les décrocheurs, à se lancer dans une carrière chez nous.» Des partenaires privésCet engagement résolu en faveur de l'économie sociale n'a pas empêché certaines entreprises privées de se rapprocher étroitement de la TOHU. C'est notamment le cas de SSQ Groupe financier, qui est devenu le principal partenaire privé de l'organisme. «Nous sommes nés dans un quartier ouvrier de Québec, rappelle le président-directeur général de SSQ Groupe financier, M. Richard Bell. TOHU représente donc le genre d'implication sociale que nous recherchons, dans laquelle se trouve une complémentarité entre la protection de l'environnement, le développement de la culture et la revitalisation d'un quartier. Je n'ai pas eu à tordre le bras du conseil d'administration pour investir dans ce projet.» L'entreprise de Québec, qui croit que son implication dans la TOHU lui donnera aussi plus de visibilité dans la région de Montréal, épouse entièrement les objectifs de l'organisme. «Nous sommes convaincus que ce projet peut redonner vie à un quartier défavorisé comme Saint-Michel. Nous y croyons, entre autres, parce que nous avons assisté, à Québec, à cette grande réussite que fut la revitalisation du quartier Saint-Roch, qui s'est également articulée autour d'initiatives à caractère culturel.» Un véritable développement durable et de qualitéLa Cité des arts du cirque est désormais bien ancrée sur ses rails et l'avenir se présente sous le meilleur jour possible. «Jusqu'à maintenant, plus de 32 000 personnes ont assisté à nos différentes activités, signale M. Brunelle. Et nous avons déjà dépassé les attentes en terme de développement économique global.» À cet égard, selon les chiffres de la TOHU, les retombées du projet en produit intérieur brut frôlent déjà les 70 millions de dollars, soit 45 millions en salaires et presque 25 millions en retombées fiscales pour les trois paliers de gouvernement. Mais surtout, à la TOHU, on estime que le projet a suscité une mobilisation importante à l'égard de l'identité et de la fierté des gens du quartier Saint-Michel. «Il y a un climat positif qui s'est installé ici, conclut le directeur général. C'est le signe précurseur d'un véritable développement durable et de qualité.» |
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