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Volume 3 > no 1 > Octobre 2004 Le bulletin électronique > La cité
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Yes Montreal aide les artistes à trouver de l’emploi et à développer leur sens des affaires

Il existe un préjugé tenace selon lequel les artistes sont de piètres gestionnaires. S’il n’en tient qu’à Yes (Youth Employment Services) Montréal, cette idée reçue risque d’être mise sérieusement à mal dans les années qui viennent.

Fondé en 1993, cet organisme communautaire sans but lucratif s’est donné pour mission d’offrir des services de mentorat, de réseautage, d’orientation professionnelle et de recherche d’emploi aux jeunes Montréalais de langue anglaise, en particulier ceux qui oeuvrent dans le domaine artistique. De plus, elle offre chaque année à des entreprises en démarrage un certain nombre de subventions – en collaboration avec la Fondation du Maire de Montréal pour la jeunesse – et de prêts – en collaboration avec la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs.

Depuis la fondation de Yes Montreal, Info entreprises – une direction de services de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain – collabore aussi étroitement avec l'organisme sur plusieurs projets, le faisant bénéficier de nombreux programmes et services. Cet engagement d’Info entreprises rejoint d’ailleurs celui de la Chambre, qui est pleinement consciente de l’importance de la culture et de sa contribution constante au développement économique et au rayonnement global de la métropole.

Aider les artistes à vivre de leur art
«Nous voulons amener les artistes à se considérer comme des travailleurs autonomes», déclare Mme Susan Molnar, coordonnatrice des programmes destinés aux arts à Yes Montréal. «Dans cette perspective, nous les aidons à développer leurs compétences en affaires en organisant des panels, des ateliers et des conférences concernant divers aspects de la vie d’une entreprise.»

Ainsi, au cours des derniers mois, l’organisme a tenu divers événements d’information sur une foule de sujets d’ordre pratique et stratégique tels que le démarrage d’une entreprise, la préparation d’un plan d’affaires, la comptabilité, le droit, l’organisation d’une place d’affaires et le réseautage.

Ces événements, qui ont attiré des milliers de personnes intéressées, ont eu des effets très positifs sur les artistes qui y ont participé, selon Mme Molnar. «Ces panels et conférences ont aidé beaucoup de ces jeunes à sortir de leur isolement, à se sentir mieux appuyés, à être plus en mesure de valider leurs choix et, au bout du compte, de pouvoir vivre de leur art.

D’ailleurs, dans cet esprit, Yes Montreal s’apprête à publier un ouvrage intitulé Business Skills for Creative Souls, une sorte de guide à l’intention des artistes montréalais, dans lequel ils trouveront de l’information pratique sur huit enjeux d’affaires bien précis pour ceux qui veulent percer dans un marché difficile.

Des outils d’affaires pour réussir
Jennifer Gasoi est une de ces jeunes artistes qui disent avoir profité pleinement des services de Yes Montréal. Originaire de Vancouver et Montréalaise depuis deux ans, cette chanteuse de blues et de jazz compose aussi des chansons pour enfants enregistrées et distribuées par sa propre maison de production, Sparkling Productions.

Jennifer a suivi récemment une série de conférences intitulées «Démarrer sa propre entreprise». Elle affirme y avoir beaucoup appris. «Les gens de Yes Montréal m’ont aidé à organiser l’aspect «affaires» de ma vie, souligne-t-elle. Ils m’ont aidé à bâtir mon plan d’affaires, m’ont prodigué beaucoup d’encouragement et m’ont permis d’acquérir la solide base entrepreneuriale dont j’avais besoin.»

Selon Jennifer Gasoi, les connaissances qu’elle a acquises au contact de l’organisme sont inestimables. «Beaucoup d’artistes ont du talent, mais ne vont nulle part parce qu’ils ne disposent pas des outils d’affaires dont ils auraient besoin pour réussir.»

Réussir à Montréal
Bien sûr, il n’est pas facile pour un artiste anglophone de vivre de son art à Montréal, en particulier pour ceux qui oeuvrent dans le spectacle, la littérature et le cinéma. Mais selon Mme Molnar, il y a chez les jeunes Montréalais qui font appel à son organisme une identification très claire à la métropole. «Souvent, dit-elle, ce sont des gens nés à l’extérieur mais qui se sentent chez eux ici. Et même si ce n’est pas facile, c’est ici qu’ils veulent réussir.»

«Les plus gros marchés au Canada sont à Toronto et en Colombie Britannique, admet Jennifer Gasoi. Mais j’aime l’idée que Montréal demeure mon camp de base.»

Quand on connaît le succès international qu’obtiennent des Montréalais anglophones comme Leonard Cohen, Rufus Wainwright et Melissa Auf Der Maur, il faut bien admettre que rien n’est impossible.

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