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Investissements étrangers
Le Canada s’en tire bien

Avec la mondialisation et le phénomène des économies émergentes, le Canada demeure-t-il une destination intéressante pour l’investissement étranger ? Tout indique que oui.

Selon le Rapport sur l’investissement mondial 2006 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, même si le Canada a connu une baisse marquée de l’investissement étranger après avoir atteint des sommets au tournant des années 2000, la courbe a repris une trajectoire ascendante depuis 2004.  Et selon Statistique Canada, certains secteurs comme l’industrie chimique, le textile et les produits électriques et électroniques enregistrent une croissance ininterrompue de l’investissement direct provenant de l’étranger depuis une vingtaine d’années.

Par ailleurs, selon le rapport annuel 2006 de l’International Institute for Management Development (IMD), le Canada se classe présentement au 8e rang des pays du monde pour ce qui est de l’attraction de l’investissement étranger.

Le Canada investit plus à l’étranger
Selon Patrick Leblond, professeur adjoint au Service de l’enseignement des affaires internationales à HEC Montréal, la baisse de l’investissement direct étranger au pays au début des années 2000 s’explique largement par le ralentissement économique qu’ont connu les États-Unis au cours de la même période.  «Les États-Unis représentent les deux tiers de l’investissement étranger au Canada.  Il est certain que lorsque l’économie américaine ralentit, ça affecte l’investissement au Canada.»

Il est vrai par ailleurs que le solde des investissements étrangers au Canada a connu une baisse marquée depuis une dizaine d’années.  Mais le professeur Leblond ne s’en inquiète pas outre mesure.  «Ce serait inquiétant si l’investissement étranger au Canada diminuait, mais ce n’est pas le cas.  Tout ce que cela indique, c’est que les investissements du Canada à l’étranger sont plus élevés que l’inverse.  À cause de la mondialisation, il y a plus d’occasions d’investir pour nos entreprises.  Et ces activités à l’étranger sont gérées à partir d’ici par des gens qui occupent des emplois à haute valeur ajoutée.»

À cet égard, dans son étude publiée en novembre 2005 sur la pertinence d'un fonds d'investissements directs à l’étranger (IDE), la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et son équipe d’experts en commerce international du World Trade Centre Montréal, avaient souligné que ces derniers étaient nécessaires tant à la croissance des entreprises qu’à l’ensemble de l’économie du pays exportateur d’investissement, dans la mesure où ils contribuent à soutenir les exportations, la création d’emplois à valeur ajoutée et la croissance économique.

Les pays émergents
Bien que les pays émergents – en particulier la Chine –  aient enregistré une croissance considérable de l’investissement provenant de l’étranger au cours des dernières années, la donne est peut-être en voie de changer.  Mais, pour l’instant encore, l’impact de cette situation est tout de même limité sur l’attraction de l’investissement étranger au Canada.  Le Canada et la Chine n’étaient pas en concurrence pour l’investissement étranger pour la simple raison que l’activité économique chinoise était jusqu’à maintenant à faible valeur ajoutée.  Les pays qui ont le plus souffert de la montée de la Chine étaient surtout ceux où la main-d’œuvre était peu chère, comme le Mexique et d’autres pays asiatiques.

Améliorer l’environnement d’affaires
Il n’en demeure pas moins que des efforts peuvent être déployés de la part des gouvernements pour favoriser l’investissement étranger au Québec et dans l’ensemble du Canada.  Pour le professeur Leblond, ces efforts doivent surtout porter sur l’amélioration de l’environnement d’affaires.

«Il y a quelques grands secteurs où les gouvernements pourraient investir davantage pour favoriser l’environnement d’affaires à long terme, dit-il.  Le premier est celui des infrastructures; l’éducation est aussi très importante pour s’assurer que les Québécois et les Canadiens soient bien formés pour relever les défis de la mondialisation.  Les gouvernements pourraient aussi agir sur la fiscalité afin de réduire le fardeau des entreprises.  Enfin, la performance environnementale des pays deviendra de plus en plus un élément de compétitivité à l’échelle mondiale.»

 

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