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Volume 5 > no 2 > Novembre 2006 Le bulletin électronique > La cité
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Les investissements directs étrangers :
des bienfaits pour Montréal et le Québec

Il n’existe plus de doutes sur les bénéfices qu’apportent les investissements directs étrangers (IDE) à l’économie du pays hôte. Une étude menée par le Groupe CAI Global inc. souligne, en ce sens, le rôle clé que jouent les IDE au Québec, notamment quand il s’agit de création d’emplois, et aussi de stimulation de l’innovation, de la compétitivité, et du transfert de connaissances et de technologies.  Il en ressort de plus que les IDE sont à l’origine de plus de 50 % des exportations, qu’ils génèrent des retombées pour les entreprises locales, mais surtout que la région métropolitaine de recensement de Montréal reçoit environ 50 % de tous les investissements étrangers faits au Québec.

Dans une telle perspective, il devient important d’identifier les incitatifs qui pousseraient les firmes étrangères à choisir le Québec comme destination de leurs investissements. À cet égard, il ressort que la province se distinguerait surtout par sa proximité au marché américain, offrant ainsi à d’éventuels exportateurs un accès à plus de 300 millions de consommateurs.

Les changements apportés par la conjoncture économique actuelle –  à savoir les fluctuations à la hausse des prix du pétrole ainsi que l’appréciation marquée du dollar canadien – ont toutefois des effets qui se répercutent sur l’économie et les compagnies qui y oeuvrent.

Prix du pétrole et évolution du dollar canadien
Prix du pétrole et évolution du dollar canadien
    — Prix du pétrole (WTI)
           Échelle de gauche
Évolution du dollar canadien
       Échelle de droite
Source : Banque du Canada, agence internationale de l'énergie

En effet, certains dirigeants d’entreprises qui ont été sondés dans le cadre de l’étude sur les perceptions des multinationales qui investissent au Québec jugent que «les salaires avec l’augmentation du dollar de 33 % convertis en dollars américains donnent l’impression que notre compétitivité diminue». Ainsi, la force du huard s’est traduite par une augmentation relative des coûts de la main-d’œuvre québécoise et, par conséquent, par une diminution de la compétitivité de notre économie. Cet élément revêt une importance particulière, en raison de la place prédominante du coût de la main‑d’œuvre spécialisée dans l’échelle des critères d’investissements sur lesquels se base la décision d’investir de la maison mère.

Quant à l’accroissement qui a marqué les cours du pétrole depuis 2003, son incidence s’est principalement reflétée sur les coûts de transport. Conséquemment, il en coûte aujourd’hui plus cher de livrer la même quantité de biens en provenance du Québec vers les marchés américains. L’analyse des résultats qu’offre l’étude Pourquoi réinvestir au Québec souligne que l’accès au marché, sa taille, de même que la proximité de la clientèle sont des critères qui se retrouvent au centre de la décision d’investir de la maison mère, leur niveau d’importance étant respectivement de 82 %, 75 % et 74 %. L’enchérissement des coûts de l’énergie vient donc ronger l’avantage qu’a le Québec à cause de sa proximité avec le marché américain.

Évolution des exportations québécoises
(variation par rapport à l'année précédente en %)
Évolution des exportations québécoises
Source : Strategis

Le poids des entreprises étrangères dans l’économie du Québec en général, et à Montréal en particulier, ressort significativement dans une étude réalisée par E&B Data et Montréal International1. Les données qu’on y trouve indiquent qu’en 2004 la région métropolitaine de Montréal hébergeait 1 250 entreprises étrangères générant près de 133 000 emplois. Ces entreprises, en plus de créer un emploi sur dix, apporteraient quelque 19 milliards $ au PIB québécois (ce qui représente environ 15 % du PIB de la métropole).      

À la lumière de ces constatations, il devient important que le Québec reconsidère sa position concurrentielle de façon à pallier les pressions exercées par le contexte économique présent. La proximité avec les États-Unis à elle seule ne pouvant plus suffire, le Québec devra dorénavant se montrer proactif quant au développement d’incitatifs – notamment fiscaux – en vue d’attirer des investissements directs de l’étranger.


1 Les entreprises étrangères dans le Montréal métropolitain, 2005.

 

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