Une métropole à la hauteur de nos aspirations

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Ajouté le 1 avril 2010 dans Textes d'opinion

Texte signé par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et publié dans le journal Métro.

Le 1er avril 2010

Une métropole à la hauteur de nos aspirations

Nous partageons tous le rêve que Montréal soit une métropole phare, admirée tant pour sa qualité de vie que pour sa réussite économique. Nous la rêvons dynamique, entreprenante, créative, inspirante et prospère. Nous la voulons métropole culturelle internationale, ville du haut savoir, ville de design, grande capitale de l’aéronautique, du jeu vidéo et des sciences de la vie, cité de créativité et d’innovation… Bref, nous avons de très grandes aspirations.

Ces aspirations sont fondées sur des forces bien réelles. Nous avons accompli des progrès depuis cinquante ans, notamment par la hausse du taux de scolarisation générale et universitaire. Pensons aussi à la transition parfois douloureuse mais réussie d’une économie fortement basée sur le secteur manufacturier vers une économie axée sur le savoir et les segments à haute valeur ajoutée des secteurs économiques dits traditionnels.

Pourtant, malgré ces progrès, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Parmi les trente plus grandes agglomérations des États-Unis et du Canada, Montréal arrive au dernier rang quant au revenu personnel par habitant. Cette position, en queue de peloton, se reproduit avec presque tous les indicateurs économiques qui comparent les principales métropoles d’Amérique du Nord. Devant ce constat, nous cherchons à comprendre ce qui doit être amélioré, à identifier les sources des entraves qui empêchent la ville de se développer à la vitesse et à la hauteur de nos aspirations.

C’est dans le but de faire le point et de servir de catalyseur pour enclencher certaines décisions cruciales que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a demandé à un groupe d’experts de se pencher sur les enjeux de gouvernance et de fiscalité de la métropole.

Ce groupe de travail, coprésidé par Marcel Côté et Claude Séguin, a rendu public son rapport hier devant les membres de la communauté des affaires. Ce rapport touche autant à la gouvernance de la Ville de Montréal qu’aux liens entre le gouvernement du Québec et sa métropole, à la fiscalité de la Ville, au financement du transport en commun et à l’organisation du développement économique.

Il propose 33 mesures concrètes qui permettront à Montréal d’être plus dynamique et plus performante. Il recommande des améliorations sur plusieurs plans. En voici quelques-unes, prioritaires pour l’avenir de notre métropole.

Approbation des grands projets de développement économique
Montréal doit simplifier les processus d’approbation des grands projets de développement économique. La ville centrale doit renforcer ses compétences à l’interne et les services d’accompagnement à l’intention des promoteurs. De plus, la consultation publique sur les grands projets doit être revue pour y ramener certaines étapes plus en amont du développement des projets.

Création d’un Secrétariat à la métropole
Le gouvernement du Québec doit renforcer ses instances et mieux s’outiller pour appuyer le développement de la métropole. Il doit notamment mettre en place un comité formé des ministres interpellés par le développement de Montréal et créer un Secrétariat qui, à l’exemple du Bureau de la Capitale-Nationale, facilitera la coordination des actions des différents ministères concernés par les projets métropolitains.

Consolidation des organismes de développement économique
Le développement économique de la métropole repose sur une fragmentation des organisations publiques et quasi publiques qui agissent à l’échelle locale et dont les missions sont similaires. Cela entraîne inévitablement des chevauchements et des pertes d’efficacité. Les élus doivent faire des choix qui mèneront à une consolidation des organismes et des budgets s’y rattachant.

Fiscalité municipale et financement du transport en commun
Il faudra investir des sommes colossales dans le transport en commun au cours des prochaines années. Montréal et les villes de la région doivent évidemment regarder du côté d’une rationalisation des dépenses avant de songer à créer de nouvelles taxes. Mais nos élus devront sans doute considérer également d’autres instruments fiscaux dédiés au financement des grands projets d’infrastructure en transport en commun.

Mise en place d’un Conseil des décideurs 
Montréal a besoin d’un comité régional fort qui réunit des ténors du milieu des affaires et autres leaders de la communauté afin de mieux soutenir les actions à portée métropolitaine. Cette voix forte devra défendre la région de Montréal auprès des différents acteurs extérieurs et décideurs gouvernementaux.

Et finalement, faire preuve de détermination
Nous sommes conscients que les changements proposés sont exigeants. Si nous voulons une métropole à la hauteur de nos ambitions, il nous faudra agir avec détermination. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain prend l’engagement d’appuyer nos élus qui auront le courage de faire ces choix difficiles.