Avoir les moyens d’une véritable métropoleTexte cosigné par les membres de la Coalition pour une véritable métropole

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Ajouté le 4 février 2010 dans Textes d'opinion

Texte intégral publié dans Le Devoir.

Le 4 février 2010

Avoir les moyens d'une véritable métropole

Ce texte est cosigné par :
Michel Leblanc, président et chef de la direction, Chambre de commerce du Montréal métropolitain,
Jean Laramée, Président du Conseil d'administration, Institut de Développement Urbain du Québec (IDU-Québec)
Sonia Trudel, Présidente, BOMA Québec,
Jocelyn Lafond, président du comité des affaires gouvernementales, BOMA Québec,
Gerry Girard, Président, Association de l'industrie du stationnement Montréal
Manon Parisien, Directrice provinciale, Conseil international des centres commerciaux (ICSC)
François Meunier, Vice-président, Affaires publiques et gouvernementales, Association des restaurateurs du Québec (ARQ)

La nouvelle taxe sur le stationnement au centre-ville de Montréal nous inquiète grandement. Le budget municipal 2010 a mis en évidence les vulnérabilités de la situation financière de Montréal. En augmentant fortement le fardeau fiscal des entreprises et des contribuables, ce budget fragilise une économie encore chancelante.

Cette nouvelle taxe sur le stationnement et la hausse marquée de la taxe foncière affaiblissent la base d'affaires montréalaise. Dans les faits, commerçants, hôteliers, propriétaires immobiliers et locataires devront tous faire face à une pression accrue alors que les effets de la crise se font encore sentir. Or, rappelons-le, plus de 35 000 emplois ont été détruits sur l'île de Montréal en 2009. 

Bien sûr, nous avons tous de grandes ambitions pour Montréal. Nous sommes conscients que si nous voulons vraiment que notre ville préserve son statut de métropole, il faut investir dans un élément central de son développement : la modernisation du réseau de transport, et plus particulièrement du transport en commun. Selon la Ville de Montréal, plus de huit milliards de dollars sont requis sur les vingt prochaines années pour financer son plan de transport. C'est une somme colossale.

Devant les défis qu'il lui faut relever, la Ville a décidé d'utiliser les nouveaux pouvoirs de taxation rendus disponibles par le gouvernement du Québec. Mais, à l'évidence, ces outils sont inadéquats. Ils créent des augmentations fiscales qui touchent spécifiquement les entreprises montréalaises alors que les besoins à combler, notamment en transport collectif, sont de nature métropolitaine.

L'appui du gouvernement du Québec est donc impératif si nous voulons que Montréal ait les revenus qui correspondent véritablement à l'impact économique d'une métropole. Certaines mesures méritent d'être considérées : que ce soit le rehaussement graduel de la taxe sur l'essence tel que proposé par le maire; l'attribution à la Ville d'une partie des revenus de la taxe de vente; ou encore l'augmentation des coûts d'immatriculation sur le territoire métropolitain. Ces options méritent une analyse en profondeur.

L'avenir de Montréal demande une reconnaissance sans équivoque de son rôle de métropole, ainsi que des responsabilités et coûts qui s'y rattachent. En générant 50 % du PIB et des emplois de la province, l'activité économique de la métropole crée une richesse qui profite à tous les Québécois.

Montréal nécessite et mérite un appui important. Pour se développer à sa pleine mesure, elle doit se doter d'un réseau de transport du XXIe siècle. L'opposition soulevée par la taxe sur le stationnement indique qu'il faut faire appel à d'autres sources de financement pour y arriver.