Pour inclure la recherche et l'innovation dans le prochain accord économique avec l'Europe Texte signé par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Luc Vinet

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Ajouté le 7 mai 2009 dans Textes d'opinion

Texte intégral signé par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, et Luc Vinet, recteur de l'Université de Montréal, et publié dans Le Devoir.

Le 7 mai 2009

Pour inclure la recherche et l'innovation
dans le prochain accord économique avec l'Europe

Le 6 mai marque l'annonce du lancement, par le Canada et l'Union européenne (UE), de négociations visant à conclure un accord économique global. Nous applaudissons ce progrès et invitons aujourd'hui le gouvernement du Canada à déployer les efforts requis pour que la recherche, l'innovation et la mobilité des chercheurs figurent au nombre des sujets qui feront l'objet de discussions et de résolutions concrètes dans le contexte de ces négociations.

Nous soutenons que la recherche, l'innovation et la mobilité des chercheurs sont de véritables moteurs du développement économique et que ces enjeux devraient être inclus dans cet accord économique international. Notre suggestion relative à la politique internationale canadienne est en phase avec le plan économique Avantage Canada et la Stratégie des sciences et de la technologie.

Le Canada a le besoin, la capacité et la responsabilité de participer à l'avancement des connaissances et à la découverte de solutions aux grands défis planétaires de notre époque, et cette participation aura un impact significatif sur notre économie.

Nous proposons donc que le gouvernement du Canada saisisse l'occasion qui se présente par ces négociations Canada-Europe pour prendre le leadership de la planification et de l'organisation d'une politique de recherche mondialisée. Ces négociations représentent une occasion de revoir en profondeur la stratégie canadienne d'internationalisation de la recherche, non seulement avec l'Europe, mais aussi de manière générale, et d'instituer un changement de paradigme.

Les collaborations à l'échelle internationale accélèrent les projets de recherche, enrichissent et maximisent les retombées locales de ces activités – tout en en partageant les risques. Pour une ville universitaire à l'avant-garde comme Montréal, nous n'avons d'autre choix que d'y être actifs et d'en faire la promotion.

L'UE a déjà mis en place une structure, le 7e Programme-cadre pour la recherche et le développement (PC), qui détermine les aires prioritaires et soutient financièrement les initiatives majeures de recherche en Europe.

Ce 7e PC, doté d'un budget de 54 milliards d'euros pour la période de sept ans qui se termine en 2013, n'est pas restreint aux pays membres de l'UE. L'existence de ce véhicule de soutien aux initiatives de recherche européenne invite à examiner quels moyens seraient les plus appropriés et fructueux pour accroître la participation du Canada à la recherche européenne. Cette question mérite d'être inscrite dans le mandat de négociation. Il serait ainsi particulièrement intéressant d'envisager la possibilité pour les Canadiens d'influencer les orientations de si vastes programmes de recherche et pour nos chercheurs d'agir à titre de chercheurs principaux et de gérer des projets de recherche d'envergure lancés sous ces auspices.

À l'évidence, les négociateurs des deux côtés de l'Atlantique se verront confier le mandat de maximiser les retombées positives d'une plus grande collaboration et d'une plus grande ouverture entre le Canada et l'UE. Nous encourageons avec vigueur l'inclusion des questions de recherche, d'innovation et de mobilité des chercheurs dans le mandat de négociation et souhaitons que des avancées précises deviennent des divisions de cette entente. Le gouvernement du Canada a devant lui une occasion très concrète d'ajouter une autre dimension au leadership qu'il exerce en matière de développement et d'intégration économiques.