Communiqué : La Chambre réclame pour l'île de Montréal le poids politique qui lui revient démocratiquement

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Ajouté le 2 octobre 2001 dans Communiqués de presse

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain réclame pour l'île de Montréal le poids politique qui lui revient démocratiquement

Montréal, le 2 octobre 2001 - «La Chambre se questionne sérieusement sur la logique d'une proposition dont le résultat immédiat serait de diminuer, de façon inéquitable, le poids politique de la région qui constitue le moteur du développement économique, culturel et scientifique du Québec». C'est dans ces termes que monsieur Guy Fréchette, a commenté la nouvelle délimitation des circonscriptions électorales de l'île de Montréal proposée par la Commission de la représentation électorale (CRE), lors de son discours d'arrivée à la présidence de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Dans une lettre transmise ce matin au ministre responsable de la Réforme électorale, monsieur Guy Chevrette, le nouveau président de la Chambre explique que le document présenté par la CRE propose de retrancher trois circonscriptions électorales sur l'île de Montréal, réduisant ainsi le nombre de députés montréalais à 27 représentants à l'Assemblée nationale. Compte tenu de l'actuelle population montréalaise, cette proposition ferait en sorte que le poids politique de Montréal serait de 11,8 % inférieur à son poids démographique. Pour monsieur Guy Fréchette, <ì>« il s'agit là d'un recul très inquiétant pour la métropole du Québec, surtout si l'on considère que, dans le projet de nouvelle carte électorale, chacune des circonscriptions de l'île de Montréal compterait systématiquement plus d'électeurs que la moyenne provinciale, tandis que plus de 50% des circonscriptions des autres régions auraient un nombre d'électeurs inférieurs à cette même moyenne ».

La Chambre estime que les critères qui ont guidé la confection de la carte électorale proposée, notamment l'écart possible de plus ou moins 25 % du nombre d'électeurs par circonscription, par rapport à la moyenne provinciale, doivent être revus. Cette norme, partie intégrante de la loi électorale, a permis à la CRE de présenter une proposition qui renferme un déséquilibre important entre Montréal et les autres régions du Québec, déséquilibre qui ne fera que s'accroître au fil des fluctuations démographiques prévues au cours des huit à dix prochaines années, période pendant laquelle la nouvelle carte sera en vigueur.

Dans sa correspondance au ministre Chevrette, le président de la Chambre a également soulevé la question des cas d'exception. Alors que l'actuelle carte électorale reconnaît deux circonscriptions dont le nombre d'électeurs se situe sous la barre de 25 %, Ungava et Îles-de-la-Madeleine, la nouvelle proposition augmenterait à six le nombre de circonscriptions d'exception. La Chambre estime que ce nombre élevé contribue à l'iniquité de la proposition de la CRE à l'endroit de Montréal, en créant de fait deux catégories de circonscriptions au Québec.

La Chambre demande donc au ministre Chevrette de surseoir à l'adoption de la présente proposition de la CRE, afin de permettre la révision des critères de confection de la carte électorale. Elle suggère que l'écart maximal soit ramené à 5 %, afin d'assurer une plus juste représentativité des électeurs. Cela éviterait que l'appartenance à une région donnée modifie de façon inéquitable le poids du vote de chaque électeur. Dans la même logique, la Chambre demande également que les cas d'exception se limitent strictement aux deux circonscriptions actuellement reconnues.

«Le Québec ne possède qu'une seule grande métropole capable de rayonner à travers le monde. Il serait injuste et inefficace de ne pas lui reconnaître sa pleine et juste représentativité politique. Montréal doit contribuer pleinement au processus démocratique du Québec et cela doit se concrétiser par un nombre équitable de députés pour représenter sa population», a conclu monsieur Fréchette dans sa lettre adressée au Ministre de la Réforme électorale.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain compte au-delà de 7 000 membres. Sa mission première est de représenter les intérêts de la communauté d'affaires du Grand Montréal. Ses objectifs : être en tout temps pertinente pour ses membres, crédible auprès du public et influente auprès des gouvernements et des décideurs.