Remplacement du pont Champlain

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Ajouté le 20 février 2013 dans Textes d'opinion

Texte signé par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, et publié dans The Gazette.

Le 20 février 2013

Remplacement du pont Champlain : la Chambre réitère sa position

La position de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain concernant le remplacement du pont Champlain est sans ambiguïté : la construction dans les plus brefs délais du nouveau pont pour remplacer le pont actuel est un projet absolument prioritaire pour les citoyens et la communauté d’affaires de la métropole.

L’importance névralgique de ce lien pour notre économie et pour notre qualité de vie est évidente. Le nouveau pont est l’une des pièces maîtresses du dispositif qui nous permettra d’atteindre nos objectifs de fluidité de la circulation des personnes et des marchandises. L’état de la congestion actuelle dans la région métropolitaine affecte déjà notre niveau de productivité et notre attractivité.

Par ailleurs, la Chambre rappelle les quatre principales préoccupations de la communauté d’affaires dans ce dossier :

1)      Le pont doit améliorer la fluidité de la circulation des personnes et des marchandises. Selon les besoins anticipés à moyen et à long terme, cela signifie la construction d’au moins trois voies de chaque côté, deux voies réservées pour les bus et une emprise pour un système léger sur rail (SRL).

       Si la structure du pont reste de compétence fédérale, le transport en commun est de compétence provinciale et régionale. Il revient donc au gouvernement du Québec et aux autorités régionales de déterminer le mode de transport collectif le plus approprié pour répondre aux besoins de mobilité de la population. Il leur revient également d’en financer la mise en place, quitte à établir des ententes de cofinancement pour certaines infrastructures avec le gouvernement fédéral.

       La recherche de telles ententes déborde du simple trajet sur le futur pont Champlain et ne devrait pas retarder le début des travaux préparatoires. Nous demandons plutôt au gouvernement fédéral de développer une stratégie globale d’appui au déploiement des transports en commun dans les grandes villes canadiennes.

 

2)      Le pont doit être construit le plus rapidement possible et en fonction de budgets responsables. Nous demandons au gouvernement fédéral de cibler un délai de six ans pour la construction du pont, un objectif ambitieux mais réaliste.

       À l’heure actuelle, le coût du projet n’est pas connu, les estimations allant de 3 à 5 milliards de dollars. L’état des finances publiques ne permet pas aux gouvernements de défrayer une telle somme et nous comprenons que des sources de revenus supplémentaires doivent être mobilisées. Cependant, l’étude des grands projets de PPP au Canada révèle que la plupart d’entre eux ont profité d’une contribution des autorités publiques pour réduire la période d’amortissement.

       Nous comptons donc sur le gouvernement fédéral pour qu’il s’assure que le coût du passage sur le nouveau pont soit abordable. Et si le péage est une condition essentielle à la construction rapide de la nouvelle infrastructure, allons de l’avant.

3)      S’il doit y avoir un péage, il doit demeurer abordable et restreint à la nouvelle infrastructure. Si le coût projeté de l’ouvrage nécessite un péage, les revenus ainsi générés ne doivent avoir qu’une seule finalité : payer l’infrastructure nouvellement construite et son entretien, selon le principe d’utilisateur-payeur.

       Nous ne devons pas généraliser les péages sur les ponts qui ceinturent l’île de Montréal. Une telle stratégie contribuerait à étouffer le cœur de la région métropolitaine en incitant les citoyens à délaisser le centre-ville. S’il est souhaitable que la périphérie de la région métropolitaine connaisse une bonne croissance, il est également essentiel de s’assurer que le centre de l’agglomération demeure dynamique.

4)      Ce pont doit s’inscrire comme un symbole pour la métropole, le Québec et le Canada et sa conception doit refléter les exigences d’une œuvre-signature pour Montréal. Le 26 novembre dernier, au Rendez-vous 2012 – Montréal, métropole culturelle, nous avions souligné l’importance de doter Montréal d’une œuvre-signature marquante pour les générations à venir. Nous demandons au gouvernement fédéral d’organiser un concours international et d’inviter les meilleurs concepteurs de la planète, en partenariat avec des créateurs d’ici, à présenter leurs propositions pour le nouveau pont. À l’évidence, ce concours devra s’inscrire dans les budgets et les échéanciers serrés, et respecter les impératifs qu’impose le climat québécois.

Dans ce dossier d’une importance capitale pour l’économie de la région métropolitaine de Montréal, il est tout à fait normal d’exiger du gouvernement fédéral qu’il s’engage à entreprendre les travaux le plus rapidement possible. Il l’a fait, et nous l’en félicitons.

Nous appelons tous les intervenants à collaborer afin de passer à l’action dans les meilleurs délais pour que les citoyens de la région métropolitaine, du Québec et du Canada puissent profiter de cette nouvelle infrastructure névralgique.