Discours – conférencier : M. Alain Cousineau, président du conseil d'administration et président directeur général, Loto-Québec Loto-Québec : un levier de développement au service de la collectivité

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Ajouté le 28 septembre 2005 dans Discours

LOTO-QUÉBEC :
UN LEVIER DE DÉVELOPPEMENT AU SERVICE DE LA COLLECTIVITÉ

Notes pour une allocution de Monsieur Alain Cousineau,
président du conseil d'administration
et président-directeur général
de Loto-Québec

Lors d'un déjeuner-causerie de la
Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Montréal

Le mercredi 28 septembre 2005

Madame la présidente de la Chambre de commerce,
Distingués invités de la table d'honneur,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais d'abord remercier sincèrement la Chambre de commerce pour son aimable invitation. Je suis ravi d'avoir l'occasion de vous entretenir des défis auxquels fait face Loto-Québec et, je l'espère, de mieux vous faire connaître notre organisation.

Je compte profiter de l'occasion qui m'est offerte pour mettre en contexte le rôle joué par Loto-Québec au sein de la société québécoise, notamment à titre de levier de développement économique. En particulier, je ferai le point sur le projet d'implantation, au bassin Peel, situé tout près d'ici, d'un complexe de divertissement de calibre international, projet réalisé en partenariat avec le Cirque du Soleil et que nous avons présenté en juin dernier.

La dimension sociale est également au cœur de la mission de Loto-Québec. J'en profiterai donc pour vous présenter les mesures les plus récentes visant à répondre aux enjeux auxquels nous faisons face en matière de jeu pathologique.

Tout d'abord, notre contribution à la société québécoise se traduit de bien des façons :

  • près de 1,6 milliard $ de bénéfice net versé au gouvernement en appui à ses importantes missions, notamment dans le domaine social, en santé et en éducation;
  • des milliers de gagnants parmi les acheteurs de billets de loterie et les joueurs de bingo, avec des lots totalisant près de 1 milliard $ en 2004-2005;
  • plus de 400 M$ en commissions et compensations aux détaillants de produits de loterie et exploitants des sites de loterie vidéo et de salles de bingo;
  • près de 350 M$ en salaires et avantages sociaux versés annuellement à nos 7 000 employés, qui font quotidiennement un travail remarquable pour que Loto-Québec remplisse bien son mandat;
  • des achats de biens et services auprès de plus de 1 000 fournisseurs, pour une somme de près de 400 M$;
  • un programme de soutien aux événements communautaires et populaires partout au Québec qui se traduit par une injection de 14,6 M$ dans ce type d'activités. Vous aurez probablement remarqué notre présence tant à Montréal que dans les différentes régions du Québec puisque nous nous employons à appuyer les organisateurs de ces événements;
  • une collection d'œuvres d'art qui célèbre cette année ses 25 ans et qui compte près de 3 400 œuvres de quelques 875 artistes.

Ce que j'aimerais que vous reteniez de tous ces chiffres c'est que Loto-Québec retourne entièrement le fruit de ses activités à la collectivité, soit près de 4 milliards $ l'an dernier.

Depuis que j'ai l'honneur de présider Loto-Québec, je constate que la grande majorité de la population est très fière de tout ce qui a été accompli par la Société depuis sa création.

Je reconnais aussi que beaucoup de personnes désirent que Loto-Québec en fasse encore plus pour prévenir les coûts sociaux découlant des activités de jeu de hasard. Ces attentes sont légitimes et il nous faut les intégrer à nos décisions si nous voulons maintenir le consensus social qui a permis à Loto-Québec de se développer depuis plus de 35 ans.

Il faut aussi tenir compte que, depuis le début des années 2000, plusieurs des secteurs exploités par Loto-Québec sont entrés dans une phase de maturité, un constat qui vaut également pour les autres sociétés de loterie au Canada. Les augmentations de revenus et de bénéfices supérieures à 10 % sur une base annuelle pour la période 1994-2001 correspondent à l'entrée de Loto-Québec dans de nouveaux secteurs, soit les casinos et la loterie vidéo. À partir de l'exercice financier 2001-2002, on observe cependant une nette rupture dans le rythme de croissance, alors que le taux moyen d'augmentation annuelle est passé de 11,3 % à 2 % dans le cas des revenus, et de 12,8 % à 3,1 % pour les bénéfices nets.

PLAN DE DÉVELOPPEMENT

C'est dans ce contexte que nous avons présenté l'an dernier au gouvernement le Plan de développement 2004-2007 de Loto-Québec. Celui-ci vise à permettre à la Société de continuer à bien remplir sa mission économique, et de jouer un rôle de levier de développement, tout en assumant pleinement les responsabilités sociales qui lui appartiennent, en particulier à l'égard du jeu excessif.

Les trois principaux éléments de ce plan sont les suivants :

  • la diminution de l'accessibilité aux appareils de loterie vidéo, les ALV;
  • la création d'un organisme indépendant pour le jeu responsable;
  • la proposition d'une recommandation pour solutionner les problèmes liés à l'exploitation du Casino de Montréal et assurer son avenir.

Chacun de ces trois éléments est en voie de réalisation. Ainsi, le nombre d'établissements de type bars et brasseries exploitant des ALV a diminué de 423, ce qui représente 37 % de l'objectif fixé à 1 142 dans tout le Québec.

Notre objectif est de retirer tous les ALV dans les sites comptant de 1 à 4 ALV dans deux catégories de zones ciblées :

  • les secteurs où le revenu moyen des ménages est inférieur à 50 000 $ et où le ratio d'ALV est supérieur à la moyenne québécoise, soit deux appareils par 1 000 habitants;
  • les quatre municipalités les plus populeuses que sont Montréal, Québec, Laval et Longueuil.

Cette mesure a été élaborée en tenant compte des recommandations des chercheurs, qui prônent une diminution de l'accessibilité comme moyen de combattre le jeu excessif.

À terme, le nombre de sites où on retrouve des ALV aura diminué de 31 % par rapport à ce qu'il était en 2004. Cela signifie que 2 500 appareils auront été retirés de ce réseau, environ 70 % d'entre eux étant relocalisés dans un réseau de cinq salons de jeu.

Le calendrier d'implantation des salons de jeu est conditionné par le processus, actuellement en cours, de privatisation des hippodromes de Montréal, Québec, Trois‑Rivières et Aylmer.

LE JEU EXCESSIF

J'aimerais maintenant ouvrir une parenthèse sur le phénomène du jeu excessif, qui en préoccupe plusieurs au Québec. Contrairement à ce que l'on pourrait parfois penser, les Québécois et les Québécoises font preuve de retenue à l'égard des jeux de hasard et d'argent. En fait, le Québec vient au 7 e rang des provinces canadiennes en ce qui concerne les dépenses annuelles per capita, la moyenne québécoise s'élevant à 559 $, soit environ 100 $ sous la moyenne canadienne.

D'autre part, une enquête de Statistiques Canada révèle que le Québec serait la province canadienne ayant le plus faible pourcentage de joueurs pathologiques. Une autre enquête révèle que le nombre de joueurs pathologiques probables dans la population adulte au Québec est passé de 1 % en 1996 à 0,8 % en 2002. Il est important de noter que durant la même période, les revenus de Loto-Québec ont augmenté de plus de 40 %. Cette majoration n'a donc pas eu pour effet de faire croître le phénomène du jeu pathologique.

Un seul joueur pathologique sera toujours un joueur de trop, mais on peut faire l'hypothèse que si Loto-Québec n'existait pas, le phénomène, qui est en fait une maladie, ne disparaîtrait pas pour autant, surtout pas à l'ère de l'Internet et du e-gamin g, où il est de plus en plus facile de parier sur son ordinateur dans le confort de sa maison et bientôt sur son téléphone cellulaire. La bonne nouvelle, c'est que si le problème du jeu pathologique est réel, il n'est pas en progression au Québec, au contraire, et le bilan québécois se compare avantageusement à celui des autres provinces canadiennes.

Quoi qu'il en soit, nous continuons de prendre ce problème au sérieux et c'est pourquoi nous avons proposé au gouvernement de créer un organisme indépendant de Loto‑Québec visant à faire la promotion du jeu responsable. Cette mesure s'ajoutera à une série d'autres moyens mis de l'avant par Loto-Québec et divers intervenants concernés pour prévenir et combattre le jeu excessif. Au cours du dernier exercice, Loto-Québec a consacré 26,1 M$ à cette question, soit 17 M$ qui ont été versés au ministère de la Santé et des Services sociaux, 3 M$ au ministère de la Sécurité publique et 6,1 M$ à la Fondation Mise sur toi.

LE PROJET DU BASSIN PEEL

Je voudrais maintenant faire le point sur le projet de complexe de divertissement de calibre international que nous proposons d'implanter au bassin Peel, dans le secteur du Havre, en partenariat avec le Cirque du Soleil, une entreprise créée à Montréal par M. Guy Laliberté et qui rayonne aujourd'hui dans le monde entier.

Je vous rappelle d'abord que le Casino de Montréal actuel, sur l'île Notre-Dame, fait face à de sérieux défis. On pourrait même dire qu'il est victime de son propre succès, car il accueille présentement environ 18 000 visiteurs par jour en moyenne, soit plus de trois fois plus que ce que l'on prévoyait lors de l'ouverture, en 1993. Environ 11 % de la clientèle actuelle provient de l'extérieur du Québec, comparativement à une prévision de 7 % à l'origine.

Les ex-pavillons de la France et du Québec de l'Exposition universelle de 1967 sont vétustes et comme ils n'ont pas été conçus pour abriter un casino, cela crée une pression très forte sur les frais d'exploitation. Les problèmes d'accès routier et l'insuffisance de places de stationnement à proximité sont bien connus; la salle de spectacles est contrainte dans son offre par le fait qu'elle ne peut accueillir plus de 450 personnes par représentation.

Le Casino affiche la plus forte densité d'appareils et de tables de jeu par mètre carré dans toute l'industrie.

Sa capacité d'attraction de la clientèle internationale est limitée à cause de l'absence d'équipements complémentaires comme un hôtel, un spa, un centre de foires et une grande salle de spectacles.

De plus, le casino fait face à une féroce concurrence qui provient de la multiplication des maisons de jeu dans le nord-est américain. Lorsque le Casino de Montréal a ouvert ses portes en 1993, on ne comptait que 14 maisons de jeu comparables dans le nord-est du continent. Aujourd'hui, on en dénombre plus de 70, dont des complexes sophistiqués comme le Borgata, à Atlantic City, et l'expansion du Mohegan Sun, dans le Connecticut, construits au coût de 1 milliard $US chacun.

Pour sa part, l'Ontario ne possédait aucune maison de jeu lorsque le Casino de Montréal a ouvert ses portes. Aujourd'hui, le gouvernement ontarien exploite quatre casinos commerciaux, six casinos de charité et 16 racinos. Le deuxième casino de Niagara Falls, ouvert en 2004, a nécessité un investissement de plus de 1 milliard $.

La nouvelle concurrence vient également du fait que la plupart des nouveaux établissements ne sont plus de simples casinos comme on les imaginait dans les années 90. On parle maintenant de complexes de villégiature intégrés, dont le casino n'est dorénavant qu'une des composantes.

Le Casino de Montréal a déjà commencé à subir les conséquences de cette concurrence accrue. Par exemple, pour une troisième année consécutive, l'établissement a enregistré, en 2004-2005, une baisse de son achalandage.

L'effet combiné de la réduction de 6,9 % de la clientèle et de la hausse de 10,4 % des dépenses a entraîné une réduction du bénéfice net de 20 M$ en trois ans. Rien ne permet de présager un renversement de cette tendance, qui met en péril, à plus ou moins brève échéance, la rentabilité du casino, malgré une gestion serrée de ses dépenses. Clairement, le statu quo n'est pas une avenue acceptable.

Le Casino de Montréal actuel ayant atteint ses limites, nous faisons face à un choix clair. Ou bien nous nous retrouvons avec un casino local, avec tout ce que cela entraîne comme conséquences sociales et économiques. Ou bien, nous relevons le défi de la concurrence et nous aménageons à Montréal un établissement qui peut attirer une clientèle touristique internationale et concurrencer les nouveaux complexes intégrés qui ont poussé un peu partout dans l'est de l'Amérique du Nord.

Nous avons étudié une solution pour renouveler l'offre actuelle en demeurant sur l'île Notre-Dame et nous avons dû constater que cela ne nous permettrait pas de faire face adéquatement à la concurrence, ni de constituer un levier de développement économique et touristique.

Nous avons donc voulu aller plus loin et proposer un projet qui se démarquerait des autres par l'originalité et la créativité de son concept.

C'est ainsi que nous avons approché le Cirque du Soleil. À titre de concepteur et de directeur créatif et artistique, il sera l'âme du complexe, contribuant au projet par sa notoriété internationale, ses marques de commerce, son savoir-faire en animation et en spectacles ainsi que grâce à ses inépuisables forces créatrices. Notre entente avec le Cirque du Soleil s'établit donc exactement sur la même base que celle des autres partenariats du Cirque ailleurs dans le monde.

Le Cirque du Soleil s'est implanté avec succès aux États-Unis ainsi qu'en Europe et il sera bientôt en Asie. Chaque année, il fait partager sa magie à plus de 7 millions de personnes dans le monde. Son potentiel créatif est illimité et son savoir-faire dans le domaine du divertissement de qualité est reconnu partout sur la planète. Nous avons maintenant la possibilité de faire jaillir tout ce talent ici et de contribuer à faire de Montréal une destination internationale.

UN COMPLEXE DE DIVERTISSEMENT INTÉGRÉ

Ce que nous proposons conjointement, c'est de créer un complexe de divertissement intégré, promettant aux visiteurs de vivre une expérience inégalée. Montréal pourrait ainsi se démarquer sur la scène internationale, grâce à un complexe unique au monde par sa diversité, son intégration à la trame urbaine et par la place qu'il fera à l'expression du talent créatif et artistique.

Avant de vous présenter en images les grands paramètres de ce projet, j'aimerais prendre quelques instants pour bien le situer dans l'espace urbain, soit dans le secteur du Havre, à l'est de la rue Bridge, entre les rues Wellington et Mill. Comme vous pouvez le voir à l'écran, il s'agit d'un site dont la vocation est industrielle et commerciale et qui a été utilisé à des fins portuaires pendant de nombreuses années.

En plus de permettre la décontamination de terrains fortement pollués par des années d'utilisation industrielle, la réalisation de ce projet créerait un important pôle de développement dans le secteur du Havre. Le complexe de divertissement créerait un lien naturel entre le centre-ville, le Vieux-port, et le Technoparc. La vue sur le centre-ville y est tout à fait magnifique.

Et il est à noter que l'offre de jeu du Casino de Montréal ne serait pas augmentée. En fait, l'offre globale de jeu sur l'île de Montréal, tenant compte donc du retrait des appareils de loterie vidéo, serait réduite de 8,5 %, résultat de la fermeture de sites offrant de tels appareils et du déménagement éventuel de l'hippodrome de Montréal.

Voyons maintenant plus en détail les principales composantes du projet :

  • un hôtel de 300 chambres;
  • un spa de 2 000 m 2, qui serait submergé sous une cascade d'eau, créant ainsi un effet spectaculaire;
  • une salle de spectacles comptant 2 500 places, qui pourrait notamment accueillir des productions majeures comme de grandes comédies musicales en tournée internationale;
  • le Quai des artistes, situé en bordure du bassin Wellington réhabilité, permettra aux créateurs de produire des œuvres et de partager leur art avec le public. Le Quai des artistes accueillera des artistes professionnels du Canada et de l'étranger qui seront invités à créer des projets en résidence pendant une période de trois à six mois. Il s'agit donc d'une véritable résidence permanente d'artistes comme la Cité internationale des Arts de Paris ou le centre ARTSCAPE, de Toronto;
  • un autre des éléments marquants du complexe est l'aménagement d'une scène extérieure utilisant une technologie avant-gardiste. Cette scène permettra la présentation de spectacles pouvant accueillir de 8 000 à 10 000 personnes dans l'Espace jardins, où le Cirque du Soleil pourra également monter son chapiteau;
  • le casino lui-même se démarquerait notamment par le fait qu'il serait recouvert d'un toit végétal et qu'il bénéficierait d'un éclairage naturel provenant d'un grand nombre de puits de lumière. Contrairement à ce que certains ont prétendu, il ne serait pas enfoui sous terre comme si on voulait le cacher à dessein, mais il serait bien visible avec son architecture moderne;
  • le projet prévoit aussi l'aménagement dans le bassin Wellington d'une marina qui pourra accueillir des embarcations en transit;
  • on projette également un stationnement souterrain pouvant accueillir 3 000 automobiles, sans compter un stationnement de surface de 1 000 places, à proximité du complexe;
  • sous réserve des approbations gouvernementales, Loto-Québec propose aussi d'acquérir un terrain, situé à l'ouest du complexe de divertissement, permettant l'implantation d'un centre de foires commerciales visant le créneau des gens d'affaires et des professionnels;
  • finalement, le projet prévoit la construction d'un monorail privé reliant entre eux le complexe de divertissement, le centre de foires et le futur stade Saputo, qui sera construit dans le Technoparc.

DES QUESTIONS LÉGITIMES

De façon générale, le projet a été bien reçu, bien que nous soyons conscients que des groupes aient exprimé des réserves et j'aimerais profiter de l'occasion pour répondre à un certains nombres d'interrogations fort légitimes qui ont été soulevées à ce jour.

Le choix de l'emplacement du complexe a généré plusieurs commentaires. J'aimerais à cet égard rappeler qu'il n'y a aucune habitation sur le site projeté ou sur les terrains adjacents. Le secteur est enclavé, au nord et à l'ouest, par des voies ferrées, et au sud et à l'est, par l'autoroute Bonaventure, ce qui limite son accès à pied.

Ce lieu est situé à moins de 3 kilomètres, à vol d'oiseau, du site actuel du Casino de Montréal. Est-ce que 3 kilomètres peuvent faire la différence ? Nous ne le croyons pas. Nous sommes donc convaincus que le complexe n'aurait pas pour effet d'augmenter l'accessibilité au Casino.

Quoi qu'il en soit, il est normal qu'un tel projet suscite des questions et c'est pourquoi nous avons déjà amorcé un dialogue avec des leaders d'opinion actifs dans des organismes du milieu, dont le Regroupement économique et social du Sud-Ouest, le RESO. Le cas échéant, nous adopterons volontiers des mesures pour répondre encore mieux à leurs préoccupations et pour faire en sorte que la population de cet arrondissement tire le maximum de bénéfices de ce projet, notamment en termes d'emplois.

La rentabilité est un autre élément qui a soulevé des interrogations depuis juin. Rappelons d'abord qu'il s'agit d'un projet de 1,175 milliard $, comprenant un montant de 50 M$ pour la décontamination du site, une opération qui profitera à toute la collectivité québécoise.

La participation de Loto-Québec s'élève à 997 M$, ce qui se situe à l'intérieur des capacités financières de la Société. La contribution des partenaires privés est évaluée à 178 M$.

L'investissement projeté permettra une augmentation des revenus annuels du Casino de Montréal de quelque 189 M$ dès la première année. Pour les 10 premières années d'exploitation, la croissance moyenne sera de 4,5 % par année, s'expliquant entre autres par la présence d'installations complémentaires à l'offre de jeu.

Quant au bénéfice net, l'augmentation globale par rapport au statu quo est évaluée à 394 M$ pour les 10 premières années. La croissance serait moins significative pour les cinq premières années d'exploitation en raison de nombreux frais d'implantation à amortir, mais pour les années six à 10, celle-ci serait d'environ 67 M$ par année.

Certains ont suggéré que, comme collectivité, nous devrions investir le milliard de dollars requis pour ce projet dans des activités à caractère plus social. Cette proposition est compréhensible, mais elle n'est pas réalisable.

En effet, la participation de Loto-Québec sera financée par emprunt, la Société ayant accès au marché des capitaux compte tenu des fonds générés par son exploitation. Mais comme les emprunts de Loto-Québec ne sont pas garantis par le gouvernement, la réalisation de ce projet n'aurait pas de conséquence sur la dette ou la cote de crédit du gouvernement. En revanche, cela signifie que la somme nécessaire à la réalisation du projet ne peut devenir disponible pour d'autres programmes gouvernementaux.

UNE VEGAS DU NORD ?

En parlant de ce projet, certains ont d'autre part prétendu que Montréal deviendrait la Vegas du nord. C'est une formule imagée, mais c'est complètement contraire à ce que nous voulons faire, car ce projet sera tout sauf une imitation de ce que l'on voit à Las Vegas ou à Atlantic City.

Nous voulons en effet nous éloigner de ce modèle et offrir un concept élaboré ici et qui ressemble aux gens d'ici. Nous croyons avoir atteint un tel objectif avec nos installations du Lac-Leamy, à Gatineau, qui comprennent outre le Casino, un hôtel, un théâtre et un centre de congrès. Le Casino du Lac-Leamy s'est intégré harmonieusement dans son milieu et constitue un véritable moteur pour la région. Il fait la fierté des gens de la région.

Ce que nous proposons avec le projet bassin Peel c'est de différencier notre ville et démontrer à l'échelle internationale ce qu'est véritablement Montréal. Une métropole moderne, d'avant-garde, où les arts et la création occupent une grande place dans l'univers urbain. Montréal est aussi une ville festive et cette qualité la distingue de plus en plus auprès de la clientèle hors Québec et nous voulons capitaliser sur cette force qui lui est propre. Ce que nous proposons n'existe nulle part ailleurs et, grâce à la participation du Cirque du Soleil, nous avons l'occasion de le créer ici, à Montréal.

Une chose est certaine, c'est un projet à long terme qui doit cheminer. À ce jour, l'accueil a été favorable, 57 % de la population étant en accord avec sa réalisation, selon un sondage Léger Marketing dont les résultats ont été publiés il y a quelques semaines.

Il est sûr que nous avons encore du travail à faire pour bien expliquer le projet, pour répondre aux questions et aux préoccupations légitimes qu'il soulève. Comme vous le savez sans doute, le gouvernement du Québec a déjà annoncé la création d'un comité interministériel pour examiner ce projet et le groupe de travail remettra son rapport au gouvernement avant la fin de l'année. C'est donc au début de 2006 que nous saurons si le gouvernement nous donnera ou non le feu vert pour aller de l'avant.

De plus, comme il se doit, ce projet devra être soumis à un processus formel de consultation publique, tenu sous les auspices de la Ville de Montréal. En tenant pour acquis que le gouvernement fera connaître sa décision au début de l'année, ces consultations pourraient avoir lieu en 2006. Une fois les autorisations finales obtenues, il faudrait compter environ cinq ans de travaux avant que le complexe accueille ses premiers visiteurs.

Depuis que nous avons annoncé le projet en juin, nous avons ouvert des canaux de communication avec les instances gouvernementales concernées et nous avons pris un certain nombre d'autres initiatives qui nous permettront d'aller de l'avant le plus rondement possible si nous obtenons le feu vert. Ainsi :

  • de concert avec le Cirque du Soleil, nous avons créé un bureau de projet visant à assurer l'interface avec le milieu et les parties prenantes. Nous souhaitons ainsi répondre aux demandes de renseignements, écouter les attentes du milieu et amorcer un dialogue avec la communauté et les organismes qui ont un intérêt dans le projet;
  • nous avons commencé à colliger des données et des informations qui alimenteront le comité interministériel;
  • nous avons approfondi nos études de marché et n