Discours - conférencier : M. Alan DeSousa, membre du comité exécutif et responsable du développement durable, Ville de Montréal Vision de la Ville de Montréal sur le plan de développement durable

Partager sur :
Imprimer

Ajouté le 27 novembre 2003 dans Discours

Notes pour une allocution de :

Monsieur Alan DeSousa
responsable du développement durable
au sein du Comité exécutif de la
Ville de Montréal

à l'occasion du

Séminaire sur les nouvelles tendances en développement durable et en efficacité énergétique

Montréal
27 novembre 2003


Mesdames et messieurs,

Je veux d'abord remercier les organisateurs de ce séminaire de leur invitation à venir vous adresser la parole.

En juin 2002, se tenait le Sommet de Montréal. À l'issue de ce Sommet, la Ville de Montréal prenait l'engagement de se donner un plan stratégique de développement durable. Cette démarche s'inscrivait dans la foulée de certaines actions prises auparavant par la Ville et ses constitutantes dans plusieurs domaines liés à l'environnement comme :

• L'assainissement de l'air et de l'eau ;
• La création de programmes de recyclage ;
• La création des éco-quartiers
• L'aménagement des parcs-nature.

Developping a strategic plan for sustainable development is also consistent with the commitments of the international community at Rio in 1992, Kyoto in 1997 and Johannesburg in 2002. I attended the summit in Johannesburg and I remember that, looking back to Rio, the conclusion for many people was: great commitments, but poor implementation. So, at Johannesburg, the word became: Now, do something!

Prior to Johannesburg Summit, the City of Montreal adopted a resolution urging the government of Canada to ratify the Kyoto Protocol.

La Ville de Montréal entend donc passer à l'action, ce qui ne veut pas dire que rien n'a été fait dans le passé.

Puisque je viens de faire allusion au protocole de Kyoto, regardons pendant quelques instants la question des gaz à effet de serre.

On constate que sur le territoire de la ville de Montréal, les activités humaines et industrielles sont responsables d'environ 19 % de la production québécoise totale des gaz à effet de serre et d'environ 2,5 % de la production canadienne de ces mêmes gaz. La production montréalaise per capita des gaz à effet est d'environ 9,5 tonnes, soit à peu près la même valeur que celle pour l'ensemble du Québec. Le transport des personnes et des marchandises est responsable d'environ la moitié de la production des gaz à effet de serre à Montréal tandis que l'autre moitié origine des activités industrielles, institutionnelles, commerciales ou domestiques.

L'ancienne ville de Montréal et certaines ex-villes de banlieue ont déjà adopté des mesures visant à réduire les gaz à effet de serre dans le cadre du programme ÉcoGeste du gouvernement du Québec. Ainsi, entre 1990 et 1999, la réduction des gaz à effet de serre fut de 17 % pour les activités de l'ancienne ville de Montréal et de 10 % pour celles de l'ex-ville de Lachine. Ces réductions ont été obtenues par des diminutions de consommation de l'énergie utilisée pour le chauffage, l'éclairage et la climatisation des édifices municipaux.

Mais la principale initiative de réduction de gaz à effet de serre de la Ville de Montréal fut l'installation au début des années 90, d'un système de captage des biogaz au site d'enfouissement du Complexe environnemental de Saint-Michel. Un partenaire privé produit de l'électricité à partir du méthane récupéré. La réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi obtenue est de l'ordre d'un million de tonnes par année en équivalent de CO2, ou l'équivalent de la quantité de gaz a effet de serre que produiraient 240 000 automobiles par année.

Je tiens aussi à mentionner un programme de formation élaboré en partenariat avec le syndicat des cols bleus, intitulé « Si j'roule pas, j'coupe le moteur », destiné à sensibiliser les employés à ne pas laisser tourner le moteur des véhicules inutilement.

So, the City of Montreal, with the collaboration of its burroughs, will do its best to reduce its greenhouse-effect gas emissions. This is one element our strategic plan will tackle. And there are many others issues such as residual waste management, air pollution caused by traffic and industrial activities, and so, and so.

But we won't wait to have a plan to act.

Déjà nous avons entrepris des demarches pour intégrer les principes de développement durable à l'intérieur du programme Solidarité 5000 logements. On définit habituellement le développement durable comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Même s'il s'agit de construire des logements à prix abordables, nous voulons éviter que le travail soit à recommencer dans 15 ou 20 ans.

Cette même approche de vouloir régler les problèmes immédiats de façon durable et sans fardeau pour le futur sous-tend la politique de gestion de l'eau que j'ai annoncée lundi dernier. Le plan que nous avons élaboré, et qui s'étend sur 20 ans, fait en sorte que nous commençons immédiatement à nous attaquer aux problèmes majeurs de notre réseau d'approvisionnement et de distribution, tout en étalant graduellement le financement. Au terme des 20 ans, la Ville devrait disposer d'un réseau fiable et sécuritaire, autofinancé et sans endettement.

Implementing a strategic plan represents a major collective and individual challenge. This cannot be achieved without the help of all Montrealers. I am calling upon residents, business leaders, associations, unions, public utility companies, teaching establishments to rise to this challenge. Last month, more than 70 people from companies, institutions, associations and others made a first commitment by signing the Policy Statement By The Montreal Community Regarding Sustainable Development.

En signant cette Déclaration de principe de la collectivité montréalaise en matière de développement durable, ces personnes s'engagent en leur nom ou au nom de leur organisme à travailler, de concert avec la Ville, pour changer des habitudes et modifier certaines pratiques en accord avec les principes de développement durable. Car nous ne voulons pas nous limiter à faire un plan. Nous voulons l'appliquer et nous voulons des résultats. La ville fera des gestes et elle s'attend à ce que ses partenaires en fassent aussi.

Et il ne faudra pas que ce soit des actions ponctuelles, mais que les processus de décisions, au sein des entreprises, organismes ou institutions soient modifiés pour tenir compte des principes de développement durable et les intégrer aux opérations. Un des membres du comité directeur qui dirige la démarche du plan, faisait remarquer l'autre jour qu'une des façons de faire du développement durable est de l'intégrer dans les processus décisionnels.

Prenons l'exemple du sur-emballage qui contribue à générer des matières résiduelles. Il faudrait, dès les premiers stades de conception des produits introduire des règles ou critères qui fassent en sorte qu'on développe un produit qui ne requiert que peu ou pas d'emballage. Notre intention est d'appliquer cette médecine à la Ville, c'est-à-dire d'inscrire dans notre processus décisionnel un critère d'analyse qui fasse ressortir les impacts, en matière de développement durable, d'un projet ou d'une politique.

Je félicite les organisateurs pour la tenue de ce séminaire, car ce genre d'événement est l'occasion de partager nos connaissances et d'en apprendre davantage sur les différentes pratiques, comme c'est le cas aujourd'hui avec celles des Pays-Bas.

Mais essayons surtout de voir comment nous pouvons intégrer ces pratiques dans nos activités quotidiennes en tant qu'individu ou dans nos processus d'entreprises. Par exemple, les programmes de collecte sélective ont créé chez les gens l'habitude de recycler, avec le résultat que pour beaucoup de personnes maintenant, il serait inconcevable de ne pas faire de recyclage.

Pour qu'il porte fruits, le développement durable ne doit pas rester au niveau des principes, il doit devenir un mode de vie. À chacun de nous de faire les efforts nécessaires en ce sens.

Merci de votre attention et bon après-midi.