Discours - conférencier :M. Brian Edwards, vice-président du conseil et Chef de la direction, BCE Emergis

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Ajouté le 7 novembre 2000 dans Discours


Discours prononcé par M. Brian Edwards
Vice-président du conseil et Chef de la direction, BCE Emergis

Le 7 novembre 2000

Mesdames et messieurs bonjour,

La dernière fois que j'ai pris la parole à cette tribune c'était en avril '99, il y a 18 mois. BCE Emergis existait depuis 7 mois à peine, après que mon ancienne compagnie, MPACT Immedia, eut fusionné avec la division Solutions d'affaires électroniques de Bell Canada. En avril '99, nous faisions environ 30 millions de revenus par trimestre. Dix-huit mois plus tard, soit au 30 septembre cette année, nos revenus avaient quadruplé.

En avril 1999, nous avions 500 employés; aujourd'hui on en compte plus de 2 000, dont près de la moitié aux États-Unis.

De tels rythmes de croissance sont exceptionnels pour la plupart des entreprises mais ils ne sont pas rares dans le monde de la nouvelle économie. Le rythme d'adoption des produits, leur cycle de vie, les fusions et acquisitions, tout va plus vite... L'industrie entière vit au rythme de son moteur - l'Internet.

Ainsi l'an dernier on se demandait encore à quel point le commerce électronique allait changer l'économie. Aujourd'hui, il n'y a pas une industrie qui n'a pas son portail, pas une entreprise qui n'a pas au moins un plan pour implanter le commerce électronique, pas un gouvernement qui ne cherche à le favoriser. Les retardataires paient déjà le prix de leur négligence.

L'an dernier, on prévoyait que les industries allaient se regrouper en communautés virtuelles d'entreprises. Cette année, chaque jour voit naître un nouveau portail d'industrie, une nouvelle place de marché électronique.

Et à ceux qui croient encore que les entreprises reliées à Internet font des revenus mais pas de profits, je dirai simplement qu'actuellement nos bénéfices d'exploitation annualisés dépassent le niveau de nos revenus au moment de notre fusion en 1998.

Une dernière comparaison : l'an dernier, la Chambre de commerce m'a invité alors que les cours d'action des sociétés reliées à Internet montaient (en flèche) vers la lune. Cette année, elle m'a encore invité même si les cours ont subi l'effet de la gravité terrestre, comme vous voyez à l'écran. J'y vois une forme de profession de foi d'un investisseur à long terme ! J'aime ça !

Des résultats probants pour la CSST

Il n'y a pas que l'industrie du commerce électronique qui se porte bien : ses premiers convertis récoltent aussi. Au Québec, le premier grand projet de commerce électronique a été initié en 1997 par un organisme gouvernemental, la CSST. La CSST travaille maintenant en ligne avec 4 000 employeurs, 250 cliniques médicales, 25 hôpitaux et plusieurs institutions financières dont Desjardins et la Banque Nationale.

Ici, le public a joué un rôle de locomotive. La CSST voulait réduire ses coûts d'exploitation, mais aussi rehausser son service à la clientèle. Elle a réussi à réduire sa consommation de papier de 70 %. Elle traite les réclamations plus rapidement, si bien que la période moyenne d'indemnisation a été réduite de 5 jours. Ce résultat permet aujourd'hui à la CSST de réaliser des économies annuelles récurrentes d'environ 35 millions de dollars.

Si je vous sers tous ces chiffres, c'est pour appuyer mon premier message : soit que les prévisions faites en 97 et 98 - prévisions que plusieurs ont pensé farfelues - sont en train de se réaliser. La bulle spéculative a eu beau éclater au plan des marchés financiers, fondamentalement la commerce électronique continue de progresser

Le meilleur reste à venir et voici pourquoi

Alors à quoi peut-on s'attendre au cours des 12 à 24 prochains mois ? Quelles sont les grandes tendances et comment BCE Emergis va t-elle tirer son épingle du jeu ?

En gros, je m'attends à ce que la croissance du commerce électronique continue de s'accélérer. Tous les éléments sont en place pour que nous poursuivions notre forte croissance. En ce qui nous concerne, le meilleur reste définitivement à venir et voici pourquoi.

1 - Les consommateurs apprivoisent le paiement en ligne

First of all, in terms of Business-2-Consumer e-commerce, we expect the percentage of Netsurfers who buy online to reach almost 100% -The hundreds of thousands of new Netsurfers over the last two years, have had time to become comfortable with the Web and are now ready to get out their credit cards. Their fear of online fraud will decrease as they realize it's less dangerous to give their credit card number on a secure Web site than it is to give it to an unknown person over the telephone, or to leave behind carbon copies - as we have all done on occasion. Every new method of payment raised concerns when it was first introduced.

Supporting this general trend in Canada is the fact that the major banks will strongly encourage consumers to adopt online transactions through electronic presentation of bills.

e-route: le chef de file en présentation électronique de factures

Seven financial institutions have worked closely together to offer their customers the possibility of receiving their usual bills electronically via the Web, instead of by mail (hydro, credit cards etc.) Taken as a whole, these institutions already cater to some 3 million Internet banking customers, and the number is growing.

By encouraging their customers to receive and pay their bills electronically, the banks will help reassure them about the security of their on-line transactions and purchases.

Emergis has developed, implemented and will operate this electronic bill presentment solution and platform for e-route.

La facture devient interactive

Quel est l'intérêt de produire des factures électroniques ? Pour les entreprises, il est d'abord financier : une facture électronique coûte un tiers du prix d'une facture papier. Qui plus est, la facture prend les allures d'un outil de vente ou un médium de publicité interactif qui peut être personnalisé pour chaque client. Mais pour les banques, l'intérêt est bien plus stratégique. En devenant «le facilitateur» entre un consommateur et tous ses fournisseurs, la banque consolide sa relation privilégiée avec son client. Les banques y voient même une question de survie. Elles se devaient de prendre le leadership des services électroniques à leurs clients au risque de voir de nouveaux challengers comme les portails financiers leur voler leurs clients.

À ce jour, Caisses Desjardins est la première institution à offrir le service à ses clients via son site web; et il y a 43 entreprises, comme Vidéotron, Visa et Bell Mobilité au Québec, qui sont prêtes ou sur le point de passer aux factures électroniques.

Le meilleur reste à venir et voici pourquoi

Donc, la première raison pour être optimiste est l'explosion des transactions monétaires sur Internet par les particuliers.

Mais comme vous savez sans doute, l'activité dans le monde du commerce électronique est surtout du côté du commerce inter-entreprises.

Chiffres sur le B2B

Le B2B a commencé sur un mode un-à-plusieurs : un gros fournisseur vend à plusieurs clients directement à partir de son site Web. Puis on a vu décoller l'approvisionnement électronique : un grand acheteur auquel se branchent ses fournisseurs privilégiés. C'est ce que nous faisons actuellement pour des grands acheteurs comme Molson, CN ou Bell.

Mais au cours de la prochaine année, le gros de la croissance du commerce électronique se réalisera sur un mode «plusieurs à plusieurs». On parle ici non plus de centaines mais bien de dizaines de milliers d'acheteurs et de fournisseurs qui se rencontreront et transigeront sur des places d'affaires électroniques. Pour y participer, ils n'ont besoin d'aucun logiciel spécial. Un fureteur suffit.

Au Canada, l'une de ces grandes places d'affaires sera Procuron.

Procuron

La CIBC, la Banque Scotia, le mouvement Desjardins et Bell Canada ont créé l'une des plus grandes places d'affaires électroniques inter-entreprises au Canada. Procuron donnera aux PME accès aux escomptes de volume dont bénéficient déjà Bell et les banques auprès de leurs propres fournisseurs ; des escomptes, bien sûr inaccessibles aux PME.

De leur côté, les fournisseurs gagneront d'un seul coup un accès au vaste bassin de clients constitué des clients des banques et de Bell. Pensez-y : c'est plus de la moitié de toutes les entreprises canadiennes ! Les fournisseurs pourront aussi réduire leurs coûts à cause du traitement électronique des transactions et du faible coût d'acquisition des nouveaux clients.

Procuron marque à mon avis le début d'une ère nouvelle en approvisionnement électronique au Canada. Celui-ci deviendra pratique courante et, pour bien des PME, sera le premier pas dans l'univers du commerce électronique.

Ici encore, comme pour la présentation des factures, Emergis fournit l'infrastructure technologique transactionnelle, l'administre et l'exploite. Mais en plus nous sommes devenus actionnaires cette fois. En gros : nos partenaires s'occupent du marketing et des relations commerciales. Notre job est d'appuyer le consortium puis de faire fonctionner la machine.

Une nouvelle infrastructure économique

e-route et Procuron illustrent bien ce que nous faisons. Nous construisons une nouvelle forme d'infrastructure économique. C'est une infrastructure-réseau de très grande portée reliant entreprises, banques, gouvernements et consommateurs. Une infrastructure aussi importante pour l'économie de l'information aujourd'hui que l'ont été les routes et les ponts pour l'économie industrielle et on commence à peine à découvrir ses immenses possibilités commerciales.

Chez Emergis, nous mettons en place cette infrastructure à nos frais et travaillons à bâtir des communautés d'affaires ou consortiums d'entreprises qui en tireront parti. En prenant à charge cette infrastructure, nous abaissons la barrière à l'entrée, nous aidons les entreprises à faire le saut dans l'économie numérique. Et, nous sommes payés à mesure que les entreprises s'en servent.

C'est cela notre «business» Nous combinons des services de commerce électronique, de sécurité et de réseau pour créer l'infrastructure du commerce électronique. Nous construisons la machine alors que nos partenaires font la promotion du concept auprès de leurs clients-utilisateurs.

Le meilleur reste à venir et voici pourquoi

La troisième tendance qui me rend confiant en l'avenir est l'essor des communautés virtuelles d'entreprises. De quoi parle-t-on? Il peut s'agir d'une industrie, comme l'automobile, avec tous les joueurs du début à la fin de la chaîne de valeur. Il peut s'agir aussi de l'ensemble des fournisseurs et des utilisateurs d'un produit comme le gaz naturel ou d'un service comme le transport des marchandises. Dans tous les cas, c'est un groupe d'entreprises dont les membres transigent couramment les uns avec les autres.

L'avenir des communautés virtuelles d'entreprises

Nous avons toujours parié que le B2B se développerait surtout autour de ces communautés. Déjà, la multiplication de ces communautés en dit long - il y en a déjà environ 600 - et bien d'autres seront créées au cours des prochains mois avant qu'il n'y ait une rationalisation. Il s'agit pour nous de tirer notre épingle du jeu.

Qui seront les gagnants ? Ce seront les places d'affaires qui réussiront à attirer le plus grand nombre de joueurs, et donc qui assureront la liquidité du marché. Et pour attirer des joueurs, elles vont devoir aller bien au-delà du simple traitement des transactions électroniques. Elles vont devoir offrir des services d'affaires électroniques à haute valeur ajoutée.

Qu'est-ce que ça veut dire pour nous, les entreprises de commerce électronique qui habilitons ces places d'affaires ? Ça veut dire que nous devons bien nous enraciner dans les industries que nous voulons desservir.

C'est pourquoi nous avons décidé de cibler sur le plan nord-américain deux industries - les services financiers et l'assurance-santé - et d'investir à fond pour y faire notre place. Au cours de cette année, nous avons investi près d'un milliard de dollars pour assurer notre succès.

Assurance-santé

D'abord, nous avons acheté en mars dernier la firme américaine United Payors & United Providers qui nous a apporté une solide base d'affaires dans le secteur de la santé aux États-Unis et nous a mis en relations avec les plus grands assureurs américains.

Nous voulions saisir l'occasion dans le secteur presque encore vierge du traitement électronique en assurance-santé. Il fallait bouger vite et occuper le terrain !

Click to build

C'est un marché idéal pour le commerce électronique ! Le marché de la santé représente un potentiel de 1,3 billion de dollars en transactions. Il y a des avantages énormes à réaliser en numérisant ces transactions. Nous sommes biens préparés pour ce défi. Nous traitons 68 % de toutes les réclamations électroniques des grands assureurs canadiens, ce qui fait de nous le plus important joueur dans ce domaine.

Sur cette base d'affaires enviable dans le secteur de la santé, nous travaillons maintenant à construire une communauté virtuelle formée de tous les acteurs de cette industrie.

Le meilleur reste à venir et voici pourquoi

La quatrième et dernière tendance qui va faire exploser le commerce électronique inter-entreprises est l'idée qu'on peut désormais compléter une transaction commerciale assez complexe sans jamais quitter le mode électronique. Je m'explique : numériser chaque étape d'une transaction a une valeur limitée tant qu'il reste une étape manuelle en quelque part. C'est lorsqu'on arrive au numérique de bout en bout que l'entreprise réalise le plein potentiel du commerce électronique.

Vers un processus transactionnel bout en bout

Au début du commerce électronique, il n'y avait que quelques documents d'affaires, comme le bon de commande, qui étaient numérisés. Puis on a ajouté les services de paiement en ligne et bien d'autres services comme le démontre l'image à vos écrans. (Les catalogues électroniques, les applications logistiques permettant de numériser le processus de livraison des commandes, les enchères électroniques, etc.)

Présentement, des solutions de plus en plus spécialisées viennent s'ajouter au tableau de la transaction numérique tous les six mois … ce qui traduit une demande constante pour les bénéfices du commerce électronique inter-entreprises. À ce jour, il manquait encore un morceau pour numériser le processus de bout en bout : la facturation électronique !

Cela explique notre achat de InvoiceLink en septembre dernier, une compagnie qui a développé un logiciel hors pair de facturation et de paiement électronique sur le Web. Ce logiciel fait maintenant partie des solutions de BCE Emergis.

Cette acquisition a pour nous une valeur stratégique : car, en plus de compléter notre offre de services, elle nous ouvre les portes des places d'affaires américaines. Pour intéresser les Américains à une entreprise basée au Canada, ça nous prenait une carte de visite : un produit-vedette que personne d'autre ne peut offrir. À preuve, notre premier client pour ce produit vedette n'est nul autre que Microsoft.

Le meilleur reste à venir et voici pourquoi

Pour toutes ces raisons, je m'attends à ce que les entreprises adoptent le commerce électronique de plus en plus rapidement au cours de l'année à venir, de sorte que notre industrie poursuivra sa croissance accélérée.

De notre côté, je pense qu'on a fait les bons choix stratégiques, au bon moment, pour devenir un chef de file de notre industrie à l'échelle nord-américaine.

Je vous ai beaucoup parlé de changement jusqu'à maintenant. Mais dans toute cette fébrilité il y a quand même certaines choses qui n'ont pas beaucoup changé…

Photo Montréal

Par exemple, j'ai le même bureau sur le même étage dans la Tour CIBC depuis les douze ans que je suis entrepreneur en commerce électronique - même si le nom de la compagnie sur la porte a changé à plusieurs reprises.

Douze ans passés à bâtir une entreprise de commerce électronique d'envergure mondiale à partir de Montréal, alors que j'ai vu des dizaines de mes pairs suivre le chant des sirènes vers la Californie ou New-York.

Je vous parle de mon cas mais je ne suis pas seul. Montréal possède des atouts de taille pour réussir dans la nouvelle économie.

Montréal : une des technopoles du continent...

L'été dernier, le magazine WIRED identifiait Montréal parmi les 13 principales technopoles en Amérique du Nord, ainsi que la seule ville canadienne dans ce groupe. Pourquoi ? Parce qu'on y retrouve un bon mélange de tous les ingrédients que ça prend pour réussir une sauce " nouvelle cuisine économique " : du capital de risque, des centres de recherches et des facultés universitaires dans les bonnes disciplines, un noyau des grandes entreprises donneuses d'ouvrage, autour desquelles s'active une nuée de start-ups.

Montréal TechnoVision a commandé une étude qui confirme et approfondit les révélations de Wired.

Montréal, ville de nouvelle économie

Montréal se classe parmi les dix premières métropoles nord-américaines dans les secteurs de la nouvelle économie, soit les secteurs des technologies de l'information, de la biopharmaceutique et de l'aérospatial.

Mais lorsqu'on met le nombre d'emplois dans ces trois secteurs en rapport avec la population de chaque ville, Montréal se classe au 4e rang, derrière San Francisco, Seattle et Boston.

De fait, Montréal se trouve déjà assez bien placée sur la carte de la nouvelle économie. Nous pouvons déjà parler de Montréal comme «ville de nouvelle économie»

Je vais conclure en évoquant quelques moyens qu'on peut prendre pour consolider cette vision.

Premièrement, il faut que les acteurs se mobilisent autour de quelques projets porteurs. Plusieurs grandes villes de par le monde ont mis sur pied une «ville ingénieuse» -- ou «Smart City» en bon français. Elles sont reconnues comme des moteurs de croissance économique.

Le modèle original nous vient de la Silicon Valley mais d'autres villes ont fait de même avec des résultats probants. La région d'Ottawa par exemple avec son OCRI -- Ottawa Center for Research and Innovation.

Dans tous les cas, la ville ingénieuse est conçue et financée d'abord par le secteur privé -- parce qu'il émane de la volonté du milieu de créer une technopole.

Initiatives pour construire une Ville ingénieuse

Montréal a besoin d'une «ville ingénieuse». Concrètement, qu'est-ce que cela va donner ?

Le commerce électronique crée de nombreuses occasions d'affaires que des entrepreneurs en puissance aimeraient bien saisir. Mais ils ont de la difficulté à percer chez nous. Notre goût du risque d'affaires est encore insuffisant. Les entrepreneurs de la nouvelle économie ont besoin de capitaux d'amorçage - ce qu'on appelle seed money - mais aussi d'avoir accès à un réseau d'entrepreneurs technologiques aguerris aux exigences de la nouvelle économie.

One brain-drain story among so many others caught my eye three weeks ago: Jeff Skoll, a Montrealer, who today is making a fortune in California (he co-founded eBay) said in the Globe & Mail that, had he had access to startup capital and to backers here in Canada, perhaps he would not have had to leave his country of birth.

Our aim is to help the next Jeff Skolls become success-stories too. But this time here, in Montréal, rather than elsewhere.

Conclusion

Finalement, en conclusion, retenez s'il vous plaît trois idées :

Un, le commerce électronique continue sa forte progression

Deux, l'avenir s'annonce encore meilleur. On a pas fini de voir le commerce électronique transformer nos entreprises - ni BCE Emergis d'atteindre de nouveaux sommets.

Et trois, Montréal possède les atouts pour devenir une ville de commerce électronique à l'échelle mondiale.

Merci.