Discours - conférencier :M. Gilles Vaillancourt, Maire de Laval et vice-président du conseil de la Communauté métropolitaine de MontréalLa nouvelle Communauté métropolitaine de Montréal : une occasion à saisir, des pièges à éviter

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Ajouté le 29 octobre 2002 dans Discours


Discours prononcé par M. Gilles Vaillancourt
Maire de Laval et vice-président du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal

Le 29 octobre 2002

La nouvelle Communauté métropolitaine de Montréal : une occasion à saisir, des pièges à éviter

Mesdames, messieurs, chers amis,

On dit souvent que les temps changent.  Ma présence ici en est une autre preuve.

Cela fait 37 ans que Laval a réalisé le rêve Une île, une ville.  Or, c'est aujourd'hui la première fois qu'un maire de Laval prend place sur cette prestigieuse tribune.  Voilà un signe assez révélateur des changements que vit la région métropolitaine.

La Ville de Laval a toujours été un partenaire intéressé et dynamique de la région métropolitaine.  Nous avons été étroitement liés à la mise en place de plusieurs institutions et infrastructures qui ont amené un meilleur développement économique et social de notre territoire.

Il y a presque 25 ans, lors du Sommet Laval - Montréal -Rive-Sud, la Ville de Laval proposait de créer un pôle dans le secteur des biotechnologies autour de l'Institut Armand-Frappier.  Cette orientation a éventuellement conduit à la mise sur pied du Parc scientifique et de haute technologie de Laval, du Centre québécois d'innovation en biotechnologies, et plus récemment, de la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du Montréal métropolitain.

Nous étions également parmi les instigateurs du Conseil métropolitain du transport en commun, une structure modeste qui a été aujourd'hui remplacée par l'Agence métropolitaine de transport, l'AMT, nantie de moyens plus importants et nourrie de grandes ambitions, certes, mais dont le contrôle échappe pour l'instant aux dirigeants élus de la région.

Nous avons collaboré à l'établissement et aux réalisations de Montréal Technovision et, sur une base volontaire, nous participions déjà activement à Montréal International, avant la création de la Communauté métropolitaine de Montréal, la CMM, qui réunit maintenant 63 municipalités.  

Afin de devenir une plaque tournante du commerce et de l'industrie au bénéfice de la région, nous avons constitué et mis en valeur 6 parcs industriels, dont le Parc industriel Centre, qui est l'un plus importants parc industriel municipal au Canada.  Ces infrastructures ont facilité l'implantation dans la région métropolitaine de plusieurs nouvelles entreprises, en plus d'offrir une réponse aux besoins locaux d'expansion et de relocalisation.  Laval Technopole, notre structure d'accueil et de service aux entreprises, peut d'ailleurs être considérée comme un modèle d'efficacité dans le domaine du développement économique.

Dans le domaine de l'enseignement supérieur, la Ville de Laval accueille maintenant un campus de l'Université du Québec à Montréal ainsi qu'un campus de l'Université de Montréal, incluant l'École des Hautes Études Commerciales et l'École Polytechnique.  
Ces institutions envisagent des projets d'expansion de manière à mieux desservir la clientèle lavalloise mais aussi la clientèle de toute la région.

Une des plus grandes richesses de la région métropolitaine est son secteur agro-alimentaire qui représente 49% de l'ensemble de la production québécoise.  Laval a été la première ville à conclure avec l'Union des producteurs agricoles une entente visant la protection du territoire consacré à l'agriculture.  Aujourd'hui, le secteur agricole de Laval compte pour une part importante de l'activité métropolitaine et même provinciale.  À titre d'exemple, 34% de la production horticole du Québec origine de Laval, ce qui nous permet de revendiquer le statut de capitale québécoise de l'horticulture ornementale.  Laval est un exemple vivant de la prospérité industrielle côtoyant la prospérité agricole et ce, au coeur même de la région métropolitaine.

La conjoncture économique actuelle est plutôt favorable.  Parmi l'ensemble des métropoles canadiennes, c'est en effet la région métropolitaine de Montréal qui domine au chapitre de la création d'emplois.  Et je peux vous dire que Laval se porte bien également.  Nos investissements atteignent des niveaux records, particulièrement cette année dans le secteur résidentiel.  Nous avons aussi enregistré, en 2000 et 2001, des investissements globaux de plus de 900 M $, tous secteurs confondus, et au cours des 10 dernières années, 30 000 lavallois de plus ont trouvé un emploi.  Ainsi, notre taux de chômage demeure systématiquement sous la moyenne provinciale.  

Au fil des ans, nous avons aussi été un partenaire patient et déterminé, puisqu'il a fallu 30 ans de travail pour obtenir le métro à Laval et que nous poursuivons nos efforts pour que d'autres dossiers majeurs aboutissent.

Maintenant qu'une structure formelle de planification et de coordination nous est offerte avec la CMM, il est évident que la Ville de Laval ne sera pas un moins bon partenaire qu'avant.  Au contraire, nous accueillons avec beaucoup d'enthousiasme cette occasion de prendre part de manière encore plus active à l'exercice d'un leadership métropolitain et de participer aux grandes décisions qui vont influencer le développement économique et social de notre agglomération.

Au cours des prochaines minutes, j'aimerais vous démontrer comment la CMM représente une occasion à ne pas rater et attirer votre attention sur quelques pièges qu'il faut absolument éviter pour permettre à notre région de réaliser son plein potentiel.

Comme vous le savez, la compétition économique ne se joue plus seulement entre les municipalités.  Elle se joue entre les grandes régions métropolitaines.  Pour concurrencer à l'échelle internationale, il faut détenir une masse critique d'entreprises, de travailleurs qualifiés, d'institutions d'enseignement, de centres de recherche, d'institutions culturelles et sociales ainsi que d'infrastructures urbaines qui procurent une qualité de vie exceptionnelle.  Un environnement fiscal approprié est également nécessaire et fait également partie, en quelque sorte, de cette qualité de vie.

La Ville de Montréal et les villes périphériques deviennent alors dépendantes les unes des autres ou, disons plutôt, partenaires dans la mise en valeur de cette offre globale.  
Les attributs des unes complètent ceux des autres.  

Pour réaliser la mise en valeur de nos atouts, nous avons maintenant la CMM.  Pour plusieurs, la CMM est encore une entité peu connue, qu'ils confondent assez facilement avec l'ancienne Communauté urbaine de Montréal.  Il s'agit toutefois d'une instance tout à fait différente, dirigée par les élus de la région métropolitaine et dont les champs de compétence sont d'une importance stratégique pour le développement et l'avenir de la grande région montréalaise.  

La CMM est le résultat de près de trois décennies de discussions, de confrontations, d'analyses et de rapports, débutant avec le rapport Higgins-Martin-Raynaud, en passant par le comité Pichette et plusieurs autres dont, plus récemment, le rapport Bernard.  

Et l'une des plus grandes forces de la CMM, ainsi que son principal défi, est le partage du pouvoir qui est au coeur de son fonctionnement.

Dans sa sagesse, le législateur a en effet prévu un partage des pouvoirs entre la Ville de Montréal et ses partenaires.  Ainsi, au sein du conseil de la CMM, qui compte 28 élus, on retrouve 14 représentants provenant de la Ville de Montréal et 14 en provenance des villes de l'extérieur de l'île, soit trois de Longueuil, trois de Laval et quatre pour chacune des couronnes nord et sud.

Cette répartition amène un remarquable équilibre des forces.  Aucune ville ou groupe de villes ne peut espérer avoir le contrôle de la CMM.  Certaines personnes prétendent qu'un tel équilibre risquerait de nous diviser au point où il serait difficile de gouverner la région, mais je ne suis pas de ceux-là.

Pouvons-nous un seul instant imaginer que l'on puisse diriger une région aussi riche de talents, de ressources et d'occasions à saisir que la nôtre, autrement que par l'obtention de consensus assez larges ?

Le maire de Montréal, monsieur Tremblay, a fait preuve d'ouverture d'esprit ; il comprend très bien que Montréal, ce n'est pas la région.  Les autres maires, qui représentent Laval, Longueuil et les municipalités des couronnes, comprennent aussi parfaitement que nous ne sommes pas la région non plus.  En fait, la région de Montréal, c'est nous tous réunis et ce n'est surtout pas, l'un ou l'autre isolé.

La seule façon de gouverner la nouvelle instance et la région est donc de respecter cet équilibre des forces qui nous oblige à mettre de l'avant l'intérêt supérieur de l'agglomération et l'intérêt supérieur de sa population.

Le principal défi que nous devons relever collectivement au cours des prochaines années, et il s'impose sans hésitation, c'est de créer une nouvelle richesse pour notre région.  Il nous faut créer une nouvelle prospérité pour positionner solidement la région métropolitaine dans le collège des grandes agglomérations urbaines qui, par ailleurs, nous livrent une compétition féroce.

Il y a un vieux proverbe qui dit " Great cities make great countries ", les grandes villes font de grands pays.  Il est maintenant évident que les agglomérations métropolitaines sont les nouveaux moteurs de l'économie.  Et lorsque l'on jette un coup d'oeil à la CMM elle-même, on peut facilement se convaincre de l'importance considérable de la région pour le devenir économique de l'ensemble du Québec .  

La CMM, c'est 46% de la population du Québec, 48% des emplois, 52% des expéditions manufacturières, 70% des exportations, 90% des investissements de recherche et développement.  De façon évidente, le Québec ne peut pas prospérer si la région de Montréal, qui représente 50% à 55% du PIB provincial, ne prospère pas elle-même.  

Les cinq dernières années nous ont permis de réaliser que nous sommes capables de relever des défis importants, dans l'économie du savoir et dans le contexte de la mondialisation.

Plus que jamais, il nous faudra miser sur la qualité de nos ressources car, on ne peut plus espérer nourrir la prospérité par le seul accroissement démographique.  Les études sont claires : seulement 200 000 à 250 000 personnes viendront s'ajouter à la population de la région métropolitaine au cours des 20 prochaines années, ce qui est relativement modeste.  
Et de plus, cet accroissement proviendra presque exclusivement de l'immigration.

Ainsi, l'immigration et l'éducation auront un impact déterminant sur les perspectives de développement de la grande région métropolitaine et sur ses institutions.  Voilà deux domaines stratégiques qu'il nous faudra étudier attentivement avec les autorités concernées afin qu'elles puissent jouer un meilleur rôle dans le développement de la région.

Il faut que nos institutions soient en mesure d'accueillir une clientèle immigrante de plus en plus importante.  Il nous faut former nos jeunes afin qu'ils puissent prendre la relève de ceux qui nous ont permis de gagner la première manche de la révolution technologique.  Il faut qu'ils aient toutes les chances pour réussir la prochaine révolution qui sera celle des biotechnologies et des nanotechnologies.  

C'est donc en augmentant notre productivité en tant qu'économie de taille moyenne et en dynamisant les forces qui sont les nôtres que nous augmenterons la richesse.  Cela s'effectuera en portant attention à la qualité de notre main-d'oeuvre dans chacune de nos industries, par un appui particulier au développement de nos créneaux d'excellence, par la création de valeur ajoutée à l'intérieur de nos réseaux industriels locaux, par la mise en place d'infrastructures modernes et par un investissement dans la qualité de vie de nos quartiers.  Voilà autant de défis à relever pour la CMM et ses villes membres, en étroite collaboration, d'ailleurs, avec le milieu des affaires.

Certes, les municipalités, prises individuellement, conservent d'importants leviers économiques et la rivalité intra-régionale continuera d'être présente, ce qui est sain et souhaitable.  Mais cela n'est plus suffisant.  Il faut maintenant parler en termes de leadership partagé et de développement partagé, qui sont probablement les expressions qui résument le mieux la nouvelle dynamique de fonctionnement de la CMM.

Nous avons des acquis extraordinaires, qui me donnent énormément confiance en notre capacité de réussir.  Nous avons une société biculturelle et multilingue, un accès à un vaste marché de 80 millions de personnes, une présence significative dans plusieurs industries de pointe, des institutions de recherche et d'enseignement mondialement reconnues, une tolérance et une ouverture qui font notre réputation, un coût de la vie très avantageux, un dynamisme culturel et des quartiers à la fois chaleureux et sécuritaires qui fournissent une qualité de vie exceptionnelle.  Nous avons aussi, sur le terrain, une remarquable équipe de commissaires industriels et de développeurs locaux, qui savent mettre en valeur nos parcs industriels et nos collectivités.  Ils sont la cheville ouvrière de notre dynamisme local.

Penser en termes de région, est un nouvel exercice pour plusieurs.  Mais les élus de la région métropolitaine sont des joueurs formidables, qui savent faire équipe et qui savent faire preuve de vision, et qui sont capables d'amorcer les changements requis.

Alors l'occasion est belle,  précieuse même, afin que nous nous engagions dans ce que nous pourrions appeler une " Corvée-développement ".  Nous devons nous y engager non seulement pour notre bénéfice immédiat, mais également pour celui des générations futures.

Pour réussir cette corvée, il nous faudra toutefois éviter quelques pièges.  

Le premier : Il ne faut plus nous arrêter à des problèmes qui n'en sont pas ou qui n'en sont plus.  

Par exemple lorsque l'on regarde la densité du nombre de personnes par kilomètre carré, la région métropolitaine de Montréal n'a pas de problème particulier.  Nous arrivons en fait au 3e rang nord-américain à ce chapitre, c'est à dire qu'il faut aller à New York ou à Los Angeles pour trouver une région plus densément peuplée.

Lorsque l'on regarde notre taux d'utilisation du transport en commun, à 26%, on remarque qu'il est de loin supérieur à celui de la moyenne des agglomérations nord-américaine.  En fait, seule New York affiche un taux d'utilisation du transport collectif supérieur au nôtre.

Quant à la protection du territoire agricole, qui est un élément qui circonscrit le périmètre d'urbanisation, il faut également tracer un excellent bilan de santé, car notre région arrive encore une fois parmi les premières, avec 55 % du territoire couvert par l'activité agricole.

Et pour ce qui est du pourcentage de notre population qui est propriétaire de son logement, soit 48%, on ne peut pas dire que notre région est trop influencée par l'accession à la propriété tandis que dans la plupart des grandes agglomérations, le taux de propriété oscille entre 60% et 70%.

Il est clair que nos énergies doivent nous servir à solutionner les véritables problèmes et à relever les véritables défis.

Un deuxième piège consiste à surcharger la région de responsabilités sans lui donner les moyens financiers adéquats.  Ce piège est d'ailleurs double.

D'une part, il faut bien comprendre que la CMM peut intervenir dans des domaines aussi variés que le transport, la culture, le développement économique ou le logement social.  Son financement provient toutefois des municipalités qui tirent leurs revenus essentiellement de la taxe foncière.  Cela nous amène dans un cul de sac, car il n'y a pas nécessairement de lien entre l'évolution des taxes foncières et les besoins dans ces différents domaines.

D'autre part, les municipalités subissent elles-mêmes les effets de réformes successives, qui viennent restreindre considérablement leur capacité de faire face à leurs obligations locales les plus élémentaires.  Elles sont présentement incapables d'investir dans le développement de la région.  

Laval, à titre d'exemple, est une ville qui se développe rapidement.  Nous enregistrons une croissance annuelle des revenus de près de 5 %.  Mais plutôt que de dégager une marge de manoeuvre, nous constatons que près de 40 % de nos nouveaux revenus doivent aller au financement de diverses réformes décidées par le gouvernement du Québec, réformes dont nous ne contrôlons pas les coûts mais dont nous devons assumer la responsabilité.

Entre autres, la réforme policière, la réforme de la qualité de l'eau, la réforme des cours municipales, la réforme sécurité incendie, le financement de l'AMT et bien entendu, la CMM, engendrent des coûts de plusieurs millions de dollars qui créent un casse-tête financier récurrent.

C'est pourquoi il faut accorder aux villes et à la région de nouveaux outils de financement, dont la possibilité de conserver une partie des taxes de vente ou d'autres sources de revenus plus directement liées aux activités et aux besoins.  Cela peut soulever des appréhensions dans le monde des affaires, mais je crois qu'il est important que la région conserve une partie des recettes générées par son développement afin de les réinjecter dans le développement de la nouvelle richesse.

Vous conviendrez, qu'il faut cette nouvelle autonomie d'action à une région qui veut être responsable de ses succès.  Nous devons nous assurer que ce qui est généré par notre action sur le territoire soit disponible afin d'être réinjecté sur le territoire.

Un troisième piège est à éviter : négliger nos infrastructures existantes, particulièrement nos infrastructures souterraines.

Vous êtes tous témoins de l'état dans lequel se trouvent nos routes.  Imaginez ce qui se passe en dessous.  Nos infrastructures souterraines ont grandement besoin de réhabilitation, car présentement plus de 40% de l'eau sortant des usines de filtration est perdue, en raison d'un nombre inacceptable de fuites.  Il faudrait consacrer plus de 600 M$ par année, dans la région métropolitaine, pour éviter une dégradation encore plus importante.

Ce qui m'inquiète avec cette situation est que, bien qu'il s'agisse de sommes importantes, elles peuvent encore être administrées par nos gouvernements dans le respect des équilibres budgétaires.  Toutefois, si l'on tarde davantage, les besoins seront si importants que les finances publiques en seront fragilisées.  Selon la Coalition pour le renouvellement des infrastructures, que j'ai l'honneur de présider, les gouvernements ne répondent qu'au quart des besoins de financement.  Il faut investir davantage et il faut le faire maintenant.

Un dernier piège nous guette.  C'est celui de tarder à mettre en place des réformes nécessaires et complémentaires à l'instauration de la CMM.

Le gouvernement du Québec doit être cohérent avec la réforme qu'il a lancée et ne doit pas rester sur les lignes de côté, alors qu'une partie se joue et que les joueurs n'ont pas tous les équipements dont ils ont besoin.

Trois pièces essentielles manquent encore à l'appel :

  •  Premièrement, il faut une réforme en profondeur de notre cadre législatif municipal.  À l'instar de six autres provinces qui ont déjà modernisé leurs lois municipales, nous avons également besoin d'un encadrement législatif qui nous permette d'entreprendre des projets sans la supervision constante et bureaucratique de l'État.
  • Deuxièmement, une réforme du régime de relations du travail dans le monde municipal, afin qu'il permette une organisation du travail plus souple et efficace tant pour les administrations municipales que pour leurs instances.
  • Et troisièmement, comme je vous le soulignais plus tôt, les municipalités et leurs instances locales ont besoin de nouveaux revenus.  Des revenus générés en fonction de la croissance économique et non seulement des revenus tirés de l'impôt foncier.

En conclusion, nous sommes à l'aube d'une décennie qui m'apparaît comme la plus exaltante de l'ère moderne, surtout quand nous considérons les effets conjugués de la mondialisation et de l'avancement des technologies.

La région de Montréal a devant elle un ensemble de défis comme jamais elle en a eus auparavant, tant par leur ampleur que par leur nature.  Ces défis et ces occasions à saisir auront un grand impact sur le développement de notre région.  Ils nous imposeront des changements, qui nous toucheront, tant au niveau de nos institutions, qu'au niveau personnel.

Ces changements, selon certains, risqueraient de nous diviser.  Pour certains autres, et je suis de ceux-là, ces mêmes changements sont l'occasion rêvée de nous unir comme nous ne l'avons jamais fait jusqu'ici.

Pour composer avec les forces créatrices qui sont si nombreuses dans la grande région métropolitaine, une seule voie s'offre à nous.  Nous devons anticiper les changements, capitaliser sur les occasions qu'ils représentent, et s'en servir comme moteur au service de la croissance harmonieuse de la région.

Nous devons faire preuve de vision, de leadership et de cohérence alors que la gouvernance de la région métropolitaine nous est confiée, au moins en partie, par le biais de la nouvelle CMM.

Nous avons beaucoup à gagner dans l'identification et l'encouragement de nos secteurs porteurs.  Nous avons beaucoup à gagner à faire connaître notre qualité de vie, notre biculturalisme et nos institutions.  Nous avons beaucoup à gagner à mettre nos forces en commun et à mettre à contribution nos développeurs locaux.

Et lorsque la prochaine génération portera un jugement à propos du leadership de la CMM à ses débuts, j'aimerais qu'elle retienne que nous n'avons pas raté notre coup et que nous avons donné une impulsion extraordinaire à la région à un moment crucial de son développement en sachant aussi éviter les pièges de l'époque.

Il appartient maintenant aux élus, de tous les paliers de gouvernement, d'apprivoiser la notion de leadership partagé.  Dans la mesure où nous arriverons à unifier nos voix, nous pourrons donner une nouvelle impulsion au développement économique et social de la grande région métropolitaine, qui d'ailleurs, en a grandement besoin.

Avec toute la détermination dont nous sommes capables, je suis persuadé que nous pourrons nous mobiliser comme nous ne l'avons jamais fait auparavant, afin qu'en moins de deux décennies, la grande région de Montréal atteigne le peloton de tête des agglomérations les plus prospères de l'Amérique du nord.

Je peux vous assurer que les forces vives de Ville de Laval adhèrent à ce grand projet métropolitain.

Je peux vous assurer que les forces vives de Laval sont prêtes à faire leur part.

Merci de votre attention.