Discours - président :M. Benoit Labonté, président Discours de clôture du Symposium Montréal 2017;  une Cité du monde de 375 ans

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Ajouté le 1 mai 2002 dans Discours


Discours prononcé par M. Benoit Labonté
Président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Le 1er mai 2002

Discours de clôture du symposium Montréal 2017;  une Cité du monde de 375 ans

Mesdames et Messieurs les conférenciers,
Monsieur le président du Conseil de la Chambre,
Mesdames et Messieurs participants à notre symposium,

J'aimerais tout d'abord remercier les conférenciers et panélistes invités, les animateurs et présentateurs. Je tiens aussi à remercier tous les participants qui sont en grande partie responsables du haut niveau de qualité des échanges et réflexions que nous avons eus au cours des deux derniers jours de ce symposium.

J'aimerais aussi souligner l'apport important du ministère des Affaires municipales et de la Métropole du Québec pour sa collaboration quant à l'organisation de notre symposium. Et un merci tout particulier au ministre André Boisclair pour son précieux soutien.

Après deux jours de discussions et d'échanges, après toutes les propositions émises, après toutes les perspectives évoquées pour les 15 prochaines années, une conclusion générale s'impose : les meilleurs jours de Montréal ne sont pas encore écrits dans les livres d'histoire.

D'emblée, j'aimerais, en quelque sorte, fournir une clé de lecture pour mes propos qui suivent. Pour la Chambre, et comme nous l'avons clairement indiqué dans notre «Énoncé de principes», le nom «Montréal» doit se comprendre strictement au sens régional du terme. Pour nous, les concepts d'agglomération urbaine, de ville-région, sont pleinement intégrés. Ils font partie de nos réflexes naturels.

Cela dit, en ce début de troisième millénaire, Montréal se retrouve dans un contexte tout à fait unique :

• Nouvelle ville,

• Nouvelle Communauté métropolitaine,

• Nouvelle dynamique des agglomérations urbaines dans le monde.

Une telle conjoncture est plutôt rare dans l'histoire d'une communauté. Voilà un défi et une occasion uniques qui amèneront de souhaitables changements pour Montréal. Cela rendait inévitable que la Chambre y consacre une réflexion à l'occasion de ce symposium.

Mais au-delà de ces réflexions, Montréal a surtout besoin d'actions : des actions concrètes, des actions réfléchies, des actions de tous les instants, des actions qui lui permettront de se distinguer nettement de ses concurrentes. C'est pourquoi, au lieu de clôturer ce symposium Montréal 2017, je vous convie plutôt, au nom de la Chambre et de ses 7 000 membres, à joindre nos efforts pour contribuer à donner à la nouvelle ville de Montréal et à toute la région métropolitaine un élan irréversible.

Bref, faisons en sorte que Montréal devienne la véritable Cité du monde qu'elle peut être, une Métropole extraordinaire, inspirante et passionnante, celle dont nous allons célébrer le 375e anniversaire le 16 mai 2017.

Poussée par des forces et un contexte qu'elle n'a jamais affrontés auparavant, Montréal doit aujourd'hui continuer de s'adapter, d'innover, de se réformer. À la fin de notre symposium, trois éléments nous apparaissent comme fondamentaux, si nous voulons optimiser, au cours des 15 prochaines années, la qualité de vie, la prospérité et la compétitivité de Montréal.

Ces trois éléments sont :

o La CRÉATIVITÉ
o La COHÉRENCE
o et la COHÉSION

Dire que Montréal a besoin de créativité, c'est l'évidence même. Que l'on parle de création de nouvelle richesse, de création d'emplois ou encore de la montée d'une nouvelle classe créative, croissance économique et créativité vont de pair. Je ne vous l'apprends certainement pas.

Montréal est une ville créative. Son potentiel ne fait plus de doute. Ce que j'aimerais plutôt rappeler, c'est qu'il existe des conditions incontournables à la pleine réalisation de ce potentiel créateur. Montréal ne peut plus se contenter de quelques flashs inventifs, ici et là, aussi lumineux soient-ils. Face à d'autres agglomérations urbaines dans le monde qui déploient des tonnes d'ingéniosité, qui se structurent et se concertent, il est impératif de mettre à profit toute notre créativité.

Pour cela, nous devons nous faire confiance, oser et, surtout, avoir le courage de déranger. Et si certains en viennent à reprocher à la Chambre de déranger, nous le prendrons certainement comme un compliment. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain, à la suite de ce symposium, prend un engagement formel : l'engagement d'être un agent de changement rassembleur, contributif et responsable en faveur du développement de Montréal. Nous tâcherons de démontrer autant de créativité à cet égard que nous en exigerons des autres acteurs montréalais.

Cela m'amène à vous parler du second élément que nous considérons comme fondamental à la progression de l'agglomération urbaine de Montréal : la cohérence.

Ce terme signifie essentiellement une chose fort simple : que nos actions et nos décisions ne soient pas en contradiction les unes avec les autres. La création de la Communauté métropolitaine de Montréal nous offre justement, à cet égard, un outil potentiellement puissant. Un outil pour veiller, sinon induire, la nécessaire cohérence du développement économique au sein de la Métropole. Il est essentiel qu'il règne au coeur de la région métropolitaine un esprit de partenariat et de collaboration, d'une part, entre les élus de l'ensemble du territoire et, d'autre part, entre ces élus, les citoyens et les regroupements qui croient en son développement.

La Communauté métropolitaine de Montréal est une occasion comme il s'en présente peu. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain veillera activement à ce que les acteurs et les décideurs de la région le comprennent et le saisissent, parce que pour nous, c'est résolument sous l'angle de la ville-région que notre développement doit être envisagé. Il y a un devoir civique, pour nous de la communauté des affaires de contribuer à cette cohérence. Nous en sommes responsables – et imputables – au même titre que nos élus !

Enfin, la cohérence signifie également le partage d'idées communes dans la poursuite d'un but commun. C'est un objectif que nous devons nous efforcer de poursuivre si nous voulons voir Montréal devenir une véritable Cité du monde.

La Chambre de commerce s'impose le mandat de prêcher par l'exemple. Nous le ferons en exerçant notamment un suivi serré des idées et des recommandations émises dans le cadre de ce symposium. À l'aide d'un tableau de bord avec des indicateurs que nous allons développer spécifiquement pour la cause, par exemple :

o avec un index de «gouvernance» qui nous permettrait d'évaluer le niveau d'implication des acteurs de la région,
o avec un index de «capital créatif» qui nous permettrait de mesurer l'accroissement de la population créative au sein de l'économie Montréalaise,

nous surveillerons attentivement et rigoureusement la progression réalisée par Montréal. Nos constats seront rendus publics, chaque année, parce que notre symposium ne marque pas la fin, mais bien le début d'un processus. Nous avons amorcé notre réflexion, et nous continuerons de réfléchir dans l'action.

Cela m'amène au dernier élément fondamental nécessaire à la compétitivité et à la prospérité durable de l'agglomération urbaine de Montréal : la cohésion, c'est-à-dire la communauté de vision, l'unité et la solidarité entre ses citoyens, ses acteurs et ses décideurs. Nous l'avons vu plus tôt, c'est la mobilisation des populations de Barcelone et de Lyon qui est à la base de la réussite de leurs stratégies de positionnement. Et pour atteindre ce degré de mobilisation, il n'y a qu'une recette incontournable : le leadership !

Les Montréalais vous le savez ont une ambition égale à leur potentiel. Ils veulent aller loin et mieux. Ils veulent connaître de leurs dirigeants vers quels objectifs ces derniers veulent les orienter. Ils veulent connaître quels moyens et quelles stratégies leurs élus veulent utiliser, collectivement, pour faire face avec confiance aux enjeux de demain. Cette indispensable cohésion nous impose en fait trois défis :

Le premier, vous le connaissez bien, consiste à enclencher un élan irréversible en faveur de la nouvelle ville de Montréal et de sa communauté métropolitaine. Notre deuxième défi de cohésion, qui est tout aussi important à nos yeux est de faire en sorte que les acteurs politiques et économiques – qu'ils soient municipaux, régionaux, provinciaux ou fédéraux –, réalisent pleinement que Montréal a tout à gagner d'une approche qui s'appuie sur le concept d'agglomération urbaine et qu'ils agissent en conséquence. Nos succès dans 15 ans seront proportionnels à l'ampleur de cette prise de conscience et des actions qui en découleront. Notre troisième défi collectif est d'ordre social : il faut absolument s'assurer de la participation du plus grand nombre possible d'individus à l'avancement et au développement de Montréal. Sa prospérité doit bénéficier à l'ensemble des citoyens. Nous ne pouvons ainsi ignorer le défi que pose la lutte à la pauvreté et à l'exclusion. Nous n'aurons pas de prospérité économique durable sans société solidaire. Nous n'aurons pas de société solidaire durable, sans prospérité économique.

La cohésion au sein de la région métropolitaine de Montréal ne sera pas possible sans la participation essentielle de la communauté des affaires. Son engagement dans le développement économique est la condition sine qua non à notre réussite comme collectivité.

Parce qu'elle est le seul regroupement d'affaires qui s'intéresse spécifiquement à l'ensemble du territoire de la communauté métropolitaine, parce qu'elle est le seul regroupement d'affaires qui répond de façon prioritaire aux intérêts économiques de toute l'agglomération, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain est consciente qu'elle a un rôle primordial à jouer. Et elle le jouera !

Créativité, cohérence, cohésion

La conjugaison de ces trois ingrédients réveille en nous le besoin d'agir pour Montréal. En préparant ce symposium, nous avons eu le privilège de partager cet emballement pour changer les choses et faire en sorte que nous ayons toujours plus de rêves partagés que de souvenirs communs. Et ces rêves sont nourris par une culture d'appartenance, de fierté et d'ambition pour Montréal.

C'est animée de passion que la Chambre envisage les quinze prochaines années. C'est une passion qui nous portera à être exigeants, qui nous amènera à identifier, parfois sévèrement, des corrections de trajectoire, autant que des nouveaux défis à relever. Et notre défi principal consiste à contribuer à faire de Montréal une Cité du monde de tous les espoirs.

Plus que jamais la Chambre est au rendez-vous! Plus que jamais la Chambre convie les Montréalais à saisir l'instant afin que, toujours, nous puissions affirmer qu'il n'y a nulle part ailleurs qu'à Montréal où ils voudraient vivre, parce qu'il n'y a nulle part ailleurs qu'à Montréal où l'on peut réaliser de si grands rêves !

Je vous remercie.