Le succès n'est pas un péché Texte intégral signé par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Partager sur :
Imprimer

Ajouté le 21 août 2009 dans Textes d'opinion

Texte intégral signé par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et publié dans Le Devoir et La Presse.

Le 21 août 2009

Le succès n'est pas un péché

Alain Simard a consacré toute sa carrière au rayonnement culturel de Montréal et son parcours est une formidable histoire à succès. Pourtant, les attaques – parfois acrimonieuses – dont il fait l'objet sur la place publique laissent perplexe.

Traitons-nous nos champions avec toute la considération et la reconnaissance qu'ils méritent ?

Il n'est pas ici question de respect ou de politesse, mais plutôt de cette relation parfois trouble et ambiguë, que nous, Québécois, entretenons envers la notion de succès. À mes yeux, il s'agit d'un enjeu fondamental : peut-on accepter en toute sérénité qu'une personne réussisse ? Sommes-nous pleinement conscients que ce succès, à bien des égards, est contagieux ?

Pourtant, la preuve n'est plus à faire : Montréal et le Québec tout entier ont grandement besoin de leurs champions, actuels et futurs. Nos chefs de file, lorsqu'ils émergent, se démarquent et rayonnent, agissent comme une locomotive qui entraîne avec elle une foule d'autres acteurs, culturels ou économiques.

À travers le Festival International de Jazz de Montréal, les FrancoFolies et Montréal en lumière, Alain Simard et l'Équipe Spectra – l'entreprise qu'il a fondée – ont non seulement créé de la richesse et des emplois; ils ont aussi contribué à créer un terreau culturel fertile en innovation, en savoir et en savoir-faire, duquel émergent et prospèrent les champions de demain.

Les sociétés qui réussissent ont toutes en commun de compter sur des êtres remarquables qui ont su construire à partir d'une idée, d'un simple rêve. Bien entendu, dans certains cas, les Québécois s'enorgueillissent sans complexe des succès internationaux de plusieurs de nos champions. Pensons seulement à Bombardier, à Cascades ou encore au Cirque du Soleil. Ce sentiment de fierté collective est un jalon essentiel de notre capacité future à réussir et à prospérer.

Or, cette reconnaissance, justement si précieuse, serait encore plus profitable si elle était dirigée à l'endroit de tous ceux et celles qui la méritent. À l'évidence, Alain Simard fait partie de ce groupe.

Une société qui réussit se bâtit sur des assises solides et a besoin de champions pour les développer. Évitons le piège qui consiste à transformer les succès en source de méfiance. Cessons de maquiller les réussites en défauts.